Tentative de coup d’État en Turquie: Le chef d’état-major des armées turques libéré

Un groupe de putschistes de l’armée a tenté de prendre le pouvoir en Turquie, entraînant une violente riposte d’Ankara dans la nuit de vendredi à samedi avec des affrontements qui ont fait au moins 60 morts, civils et policiers. Les forces de sécurité turques ont arrêté 754 personnes.

Le chef d’état-major des armées turques, le général Hulusi Akar, a été libéré des militaires putschistes qui le retenaient sur une base aérienne située dans la banlieue d’Ankara samedi et conduit dans un lieu sûr, ont rapporté les chaînes de télévision.

754 membres des forces armées seraient détenus dans le pays. C’est l’agence officielle Anatolie qui annonce le chiffre. En outre, cinq généraux et 29 colonels ont été démis de leurs fonctions sur ordre du ministre de l’Intérieur Efkan Ala, a précisé l’agence.

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Après que son premier ministre Binali Yildirim a assuré que tout était «largement sous contrôle», le président turc Recep Tayyip Erdogan était moins affirmatif, déclarant samedi avant l’aube qu’il «y a en Turquie un gouvernement et un président élus par le peuple» et que «si Dieu le veut, nous allons surmonter cette épreuve».Le Premier ministre annonce avoir nommé un nouveau chef de l’armée par intérim. Il s’agit du général Ümit Dündar, commandant de la première armée basée à Istanbul. Il remplace le général Hulusi Akar, qui serait prisonnier des militaires auteurs de la tentative de putsch. Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait auparavant affirmé ignorer son sort.

Par ailleurs, 336 personnes auraient été arrêtées, pour la plupart des militaires, en lien avec cette tentative, a souligné un responsable turc.

Selon des images diffusées sur plusieurs chaînes, dont CNN, les soldats qui se trouvaient sur le pont du Bosphore, à Istanbul, sont sortis de leurs chars les mains en l’air. Le gouvernement turc affirme que la tentative de coup d’Etat est «terminée».

Le prédicateur Fethullah Gülen, ennemi juré du président turc Erdogan, a condamné «dans les termes les plus forts» la tentative de coup d’Etat, depuis les Etats-Unis où il réside. «J’ai souffert de plusieurs coups d’Etat militaires au cours des 50 dernières années et trouve donc particulièrement insultant d’être accusé d’avoir un quelconque lien avec cette tentative. Je réfute catégoriquement ces accusations», a-t-il indiqué dans un communiqué.

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La situation dans ce grand pays de 80 millions d’habitants, membre-clé de l’OTAN, restait confuse six heures après l’annonce de la tentative de coup d’État.

Des coups de feu sporadiques étaient toujours audibles au petit matin dans plusieurs quartiers d’Ankara et d’Istanbul, après une nuit marquée par des explosions causées, selon les médias, par des bombardements aériens.

«Ceux qui sont descendus avec des chars seront capturés car ces chars ne leur appartiennent pas», a ajouté Erdogan. Il a félicité les Turcs pour être descendus «par millions» dans les rues pour défendre la nation, notamment sur l’emblématique place Taksim à Istanbul, noire d’opposants au putsch.

Un général putschiste a été tué, selon le Premier ministre.
Un scène a particulièrement été relayée par le web turc. Celle d’un civil, couché devant un tank. Alors que les putschistes ne semblaient d’abord pas offrir de résistance, certains ont écrasé des civils, selon des témoins.

Le premier ministre Yildirim a ordonné samedi à l’armée d’abattre les avions et les hélicoptères se trouvant aux mains des militaires putschistes, a indiqué un responsable turc. «Des avions de combat ont décollé de leur base d’Eskisehir», dans l’ouest de la Turquie, pour combattre les appareils rebelles, a précisé ce responsable.

À son arrivée à l’aéroport d’Istanbul, où l’attendait une foule compacte de sympathisants, Erdogan a dénoncé tôt samedi «une trahison» menée depuis plusieurs heures par des soldats putschistes, qu’il a accusés d’être liés à son ennemi juré Fethullah Gülen, un imam exilé depuis des années aux États-Unis.

Le mouvement de ce dernier a condamné, dans un communiqué, «toute intervention armée» et fustigé les commentaires «irresponsables» du pouvoir turc.

«J’ignore pour l’instant le sort du chef d’état-major», qui selon les médias serait prisonnier des putschistes à Ankara à son quartier général, a indiqué Erdogan.

Devant la presse à l’aéroport Atatürk, le chef de l’État a affirmé que l’hôtel où il se trouvait en vacances à Marmaris, station balnéaire du sud-ouest de la Turquie, avait été bombardé après son départ.

«Retour à la normale»?

Le premier ministre Yildirim a fait état de 120 arrestations liées à la tentative de coup d’État «idiote» et «vouée à l’échec». Vers 3h, il a affirmé que la situation était «largement sous contrôle» à la télévision NTV.

Un porte-parole du service de renseignements a également évoqué un «retour à la normale».

Le Parlement, autour duquel des chars ont été déployés, a été bombardé dans la capitale Ankara, où 17 policiers ont été tués, a annoncé l’agence Anadolu.

À Istanbul des soldats ont ouvert le feu sur la foule, faisant des blessés, a constaté un photographe de l’AFP.

Des avions de chasse F-16 ont abattu un hélicoptère des putschistes, selon la télévision turque, après qu’un couvre-feu et la loi martiale ont été instaurés.

Deux heures environ après l’annonce du coup d’Etat, le président Erdogan avait prédit son échec, la voix blanche à la télévision et s’exprimant depuis un endroit non précisé, avec un portable via FaceTime.

Des F-16 ont bombardé des chars de rebelles aux abords du palais présidentiel. Une cinquantaine de soldats rebelles se sont rendus aux forces de sécurité à Istanbul.

Sources : AFP/Reuters

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