Au Paraguay, un « narco » bénéficie d’une cellule grand luxe

Salle de réunion, trois pièces, cuisine équipée et écran plasma, ce n’est pas une offre immobilière pour un bel appartement mais la description d’une cellule de prison.  Au cœur d’une des prisons les plus surpeuplées du Paraguay, un narcotrafiquant brésilien, fan de Pablo Escobar, vivait dans le luxe…

La découverte mardi d’une puissante bombe dans l’enceinte du centre pénitentiaire de Tacumbu à Asuncion, la capitale, a mis au grand jour les avantages dont bénéficiait Jarvis Chimenes Pavao depuis 2009, avec la complicité de hauts fonctionnaires. La cellule du baron de la drogue brésilien a été photographiée le 28 juillet 2016.

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Dans cette « cellule VIP », comme on l’appelle, trône au milieu de la bibliothèque du trafiquant l’intégralité d’une série TV sur son idole: Pablo Escobar, le célèbre baron de la drogue colombien, abattu par la police en décembre 1993, a constaté l’AFP.

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« La cellule de M. Chimenes Pavao, nous allons la démolir et nous allons prendre des mesures contre les directeurs qui ont autorisé ces privilèges pour ce condamné », a déclaré le tout nouveau ministre de la Justice Ever Martinez, qui a pris ses fonctions jeudi. Sa prédécesseure, Carla Bacigalupo, a été destituée à la suite de cette affaire.

Parmi les quelque 3.500 détenus, soit le double de la capacité, nombreux sont ceux qui regrettent déjà le Brésilien, condamné à 8 ans de prison pour blanchiment d’argent et dont le Brésil, où il est recherché pour trafic de drogue, demande l’extradition.

Visites, portable et internet

Considéré comme un des « narcos » les plus dangereux de la région, Chimenes Pavao est accusé d’être à l’origine de l’assassinat du chef d’entreprise Jorge Rafaat, en juin à la frontière avec le Brésil, haut lieu des trafics en tous genres.

Le Brésilien a, depuis la découverte du scandale, été transféré dans la caserne des forces spéciales du Paraguay.

Plusieurs prisonniers rencontrés par l’agence de presse déplorent son départ, lui qui faisait preuve d’une grande générosité. Il donnait des fonds pour arranger le terrain de football et la chapelle de la prison, de même qu’il payait pour la sécurité. Dans cet établissement où »on vit dans la misère »,  « C’était l’homme le plus aimé de la prison », confie Antonio Gonzalez, un condamné.

Selon son avocate, le trafiquant, qui « compte 1.200 employés », a notamment participé financièrement à la construction des logements pour les directeurs de la prison, les toilettes pour les gardiens, la rénovation de la bibliothèque, et versait même le salaire des cuisiniers.

Comme dans la plupart des prisons latino-américaines, à Tacumbu, des prisonniers dorment sur des cartons à même le sol, dans le froid, ne mangent pas à leur faim et les mutineries sont monnaie courante.

Mais pas dans le pavillon très exclusif du « narco » brésilien, où les détenus fortunés qui voulaient y être transférés devaient s’acquitter de 5.000 dollars (4.500 euros) et d’une cotisation hebdomadaire de 600 dollars (540 euros), a déclaré à la télévision un ancien condamné, l’ingénieur Osvaldo Arias. En échange, ils avaient le droit à des visites à toute heure, à l’utilisation du portable et l’accès à internet.

Avec AFP

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