Un faux site montre « l’envers du décor » de la prostitution et piège les clients

Une association a décidé de piéger les clients de la prostitution en créant un faux site internet de call-girls. Sa méthode peut choquer mais permet de montrer un peu les coulisses de cette activité…

« Tu cherches à joindre Inès ? Elle est morte, jetée d’un pont par son proxénète. » L’objectif ? Sensibiliser des clients à « l’envers du décor » de la prostitution.

Sur girlsofparadise.sex, 10 femmes présentent leurs charmes sur fond noir et rose : « Femme fatale ou élève docile… je serai celle que vous souhaitez », prétend Vicky, 21 ans. En réalité, il s’agit d’une comédienne engagée pour prendre des poses érotiques.

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Des numéros de téléphone portable sont disponibles pour contacter les prétendues call-girls. Mais ce sont des militantes du Mouvement du Nid, à l’origine de la campagne, qui prennent les appels. Un programme informatique répond aux sollicitations par « lovechat », explique l’AFP.

« Tu veux voir d’autres photos ? », propose la messagerie. Apparaissent alors des clichés de jeunes femmes défigurées. Puis un texte, dur : « Le corps de Julia, calciné, entaillé et massacré au poing américain a été retrouvé aux abords du Bois de Boulogne. Assassinée par un client. »

Toutes les tragédies rapportées sur girlsofparadise.sex reposent sur des faits réels, affirme le Mouvement, très actif dans le vote en avril de la loi sur la prostitution, dont la pénalisation du client constitue la mesure phare.

Girlsofparadise.sex a connu un réel succès lors de sa mise en ligne : 600 appels dès la première semaine, au printemps dernier. Le site, toujours visible, a ensuite été rapidement désactivé. Environ 4.000 messages lui ont été envoyés par des gens piégés.

« On a entendu des gazouillis d’enfants, des hommes qui cherchaient à contacter une prostituée tout en endormant leurs bébés. D’autres qui raccrochaient parce que leurs femmes s’approchaient. Elles étaient dans la pièce d’à côté », raconte une militante du Nid, qui a répondu aux appels.

« Quand on leur expliquait que la prostituée qu’ils cherchaient à rencontrer était morte ou blessée, ils étaient navrés, s’excusaient. Mais ils étaient inconscients de faire partie d’un système violent. Et il n’y avait aucune remise en question de leur part », poursuit-elle.

Notons qu’en France les clients sont passibles d’une amende de 1.500 euros, pouvant grimper à 3.750 euros en cas de récidive.

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Pure Pépite
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