Viols sur les campus: des victimes dénoncent les peines trop clémentes

De nouvelles victimes de viols sur les campus ont dénoncé publiquement les peines trop faibles reçues selon elles par leurs agresseurs, relançant une polémique qui avait secoué tout le pays dans la foulée d’une affaire similaire à Stanford.

Austin James Wilkerson, un ex-étudiant de l’université du Colorado âgé de 22 ans, a été condamné mercredi à deux années dans un centre de détention d’où il pourra sortir la journée travailler ou étudier, pour le viol le 15 mars 2014 d’une étudiante qui était ivre et à demi-inconsciente.

Il sera en liberté surveillée pendant 20 ans et sera inscrit sur le registre des auteurs de crimes sexuels, d’après la presse locale.

Les réseaux sociaux bruissaient depuis de commentaires indignés sur le fait que Wilkerson ne fera pas de prison ferme.

Sa victime, qui n’a pas révélé son identité, a qualifié de «légère» la peine de son agresseur, dans un communiqué publié jeudi par le quotidien The Guardian.

Inspirée par «d’autres victimes courageuses» qui ont parlé avant elle, elle dit avoir voulu faire comprendre qu’un viol n’est pas toujours commis par «un inconnu sorti d’un buisson»: Wilkerson était un ami d’amis.

La jeune femme avait transmis au tribunal une lettre ouverte relayée par de très nombreux médias américains dont Mother Jones ou CNN affirmant que cette agression sexuelle l’avait «ruinée socialement, psychologiquement, académiquement et financièrement». Elle y décrit attaques de panique, cauchemars, son incapacité à socialiser, «sa dépression» et une tentative de suicide depuis son agression.

Dans une lettre ouverte au juge Patrick Butler, qui a décidé de la sentence contre Wilkerson, une autre  victime de viol sur un campus de l’université du Colorado s’est insurgée contre la légèreté de sa peine.

«En ne condamnant pas Austin Wilkerson à de la prison (ferme), vous avez envoyé le message clair et fort que l’État du Colorado ne prend pas le viol au sérieux», dénonce la jeune femme, Chandler McCorkle.

«Je peux imaginer que vous connaissez et aimez au moins six femmes. (…) Statistiquement l’une d’elles sera victime d’une agression sexuelle perpétrée par quelqu’un comme Austin Wilkerson», ajoute-t-elle.

«Si ce jour survient (…) elles méritent un juge plus compétent que vous», a-t-elle conclu.

Elle raconte que son propre violeur, «un jeune homme de 16 ans athlétique et séduisant», n’a été condamné qu’à cinq années de liberté surveillée, un couvre-feu et une psychothérapie.

En juin, un cas similaire de viol sur une jeune femme inconsciente par un étudiant de la prestigieuse université de Stanford avait scandalisé l’Amérique et mis en lumière le fléau des viols sur les campus.

Brock Turner n’avait reçu que six mois de prison dont trois fermes. Une lettre poignante lue au tribunal par sa victime avait ému tout le pays.

Source : AFP

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