Une roquette russe menacerait l’écosystème de l’Arctique canadien

Des environnementalistes s’offusquent qu’une roquette russe contenant possiblement des substances chimiques hautement toxiques atterrisse dans une importante réserve de biodiversité de l’Arctique canadien cette fin de semaine, selon les prévisions.

Jeter de telles composantes chimiques entrerait en violation tant avec la loi canadienne que les lois internationales, estime le militant de Greenpeace pour l’Arctique, Alex Speers-Roesch.

Aucun porte-parole du gouvernement canadien n’était disponible dans l’immédiat pour commenter cette affaire.

Un avis émis par une organisation d’aviation internationale prévient que des débris d’un tir de roquette russe devraient tomber dans la baie de Baffin samedi. Il s’agit d’un secteur en dehors des eaux territoriales canadiennes, mais faisant partie d’une zone économique en partie sous le contrôle du Canada.

Ces débris doivent provenir d’une roquette lancée dans le cadre du programme russe Rokot, un service à but lucratif qui lance des satellites commerciaux, a souligné le professeur en droit international et expert de l’Arctique à l’Université de Colombie-Britannique, Michael Byers.

La Russie respecte les règles en informant les autorités d’aviation de la lancée et de l’atterrissage, a ajouté l’expert. Le projectile doit atteindre une bande côtière isolée située entre le Groenland et la pointe sud de l’île Ellesmere.

Rokot a recours à des missiles balistiques intercontinentaux recyclés de l’époque de la guerre froide pour lancer ses satellites, a noté Michael Byers. Ces missiles, les SS-19, carburent à l’hydrazine, un composant connu pour son extrême toxicité.

«Les États-Unis l’ont délaissé (l’hydrazine) à cause des risques pour la santé et l’environnement», a-t-il ajouté. Le dernier propulseur de missiles de la sorte utilisé par les Américains remonte au programme Titan qui a pris fin il y une décennie.

La roquette devrait tomber dans une aire rectangulaire de 85 000 kilomètres carrés de l’océan Arctique, soit la polynie des eaux du Nord, une zone généralement libre de glace à longueur d’année. Celle-ci est le refuge d’espèces telles que le narval, le béluga, le morse et la baleine boréale.

Source : La Presse Canadienne

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