Un village de centenaires va révéler son secret

Acciaroli, un petit port de pêche entre mer et montagne au sud de Naples, dont plus d’un habitant sur dix est centenaire, devrait révéler dimanche le secret de cette longévité exceptionnelle. Avec 81 centenaires début septembre, sur quelque 700 habitants, le village intrigue jusqu’aux scientifiques américains.

Des chercheurs de l’université de San Diego en Californie, assistés par des collègues de l’université La Sapienza à Rome, sont arrivés au printemps pour étudier le mystère de ces trompe-la-mort et doivent publier leurs résultats dimanche à Acciaroli. Sur place, cela semble naturel que les habitants vivent nettement plus vieux que la moyenne des Italiens.

« On ne mange que des choses saines », explique ainsi à l’AFP Antonio Vassalo, qui a récemment soufflé ses 100 bougies. L’alimentation est une piste sérieuse pour les scientifiques. D’autant que le fameux régime méditerranéen a été identifié ici même, dans cette région du Cilento, par l’Américain Ancel Keys, il y a près de 60 ans. « On mange beaucoup de poisson, des produits de la campagne que l’on cultive nous-mêmes. On a nos propres lapins, nos poulets. Seulement des produits du terroir », renchérit l’épouse d’Antonio, Amina Fedollo, 93 ans. Et l’huile d’olive, dont on dit qu’elle est source de jouvence ? « Nous consommons celle que nous produisons », ajoute-t-elle.

Outre des analyses sanguines poussées (ADN, métabolisme, etc), les chercheurs ont procédé à des contrôles cardiaques et neurologiques, explique Alan S. Maisel, professeur de médecine cardiovasculaire à San Diego. Car à côté de l’alimentation, la génétique est une bonne piste. Les centenaires pourraient avoir un gène qui tire des effets bénéfiques de certains produits consommés au quotidien, « comme par exemple du romarin, qui améliore les capacités du cerveau », explique le professeur Mazel. D’ailleurs, sur les 80 personnes âgées ayant participé à l’étude, dont 25 centenaires, personne ne souffrait de la maladie d’Alzheimer.

En revanche, ils pratiquaient encore tous une activité physique quotidienne comme la pêche, la marche dans ce village escarpé ou encore tout simplement l’entretien de leur potager… « Beaucoup de ces personnes âgées semblent avoir une activité sexuelle », note aussi le professeur Maisel. Le secret de cette longévité serait donc aussi simple que cela: une vie saine, au grand air, un peu d’activité physique et une forme de décontraction toute méditerranéenne? Les scientifiques ne sont pas loin de le penser et cherchent à Acciaroli un modèle, pourquoi pas exportable dans le monde, pour vivre mieux et plus vieux.

« Ce que nous aimerions faire au final, c’est créer un tableau clinique établissant une sorte de score à maintenir », explique Salvatore Di Somma, professeur de médecine à Rome. L’idée serait d’établir le type d’alimentation, le type d’activité physique, le type de vie en société voire le genre de philosophie qui sont à la base de cette longévité exceptionnelle, a-t-il expliqué à l’AFP. Mais il ne sera pas simple de reproduire à l’envi un cadre comme Acciaroli, petit village coincé entre la mer et un parc naturel, loin de toute source de pollution, où la lenteur reste un art de vivre.

Source : AFP

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