Turquie: L’attentat d’Ankara revendiqué par un groupe Kurde

AFP – Un groupe proche des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a revendiqué vendredi l’attentat à la voiture piégée qui a fait 28 morts dans le centre d’Ankara et mis en garde les touristes étrangers contre les risques de nouvelles attaques en Turquie.

«Le 17 février au soir, une attaque-suicide a été menée à 18 h 30 dans les rues d’Ankara par un guerrier kamikaze contre un convoi de soldats de la république turque fasciste», ont affirmé les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK).

Peu après l’attentat perpétré à Ankara, le 17 février - Photo AP

Peu après l’attentat perpétré à Ankara, le 17 février – Photo AP

«Cette action a été menée pour venger les personnes vulnérables tuées dans les sous-sols de Cizre et nos civils blessés», ajoute la déclaration publiée sur le site internet du groupe, en référence à la ville du sud-est à majorité kurde où l’armée et la police turques mènent depuis deux mois une opération meurtrière contre des partisans du PKK.

Les TAK ont également diffusé la photo d’un homme né en 1989 à Van (est), Zinar Raperin, présenté comme l’auteur de l’attaque d’Ankara.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et son premier ministre Ahmet Davutoglu ont affirmé que l’attentat avait été perpétré par les combattants kurdes syriens des Unités de protection du peuple (YPG), avec le soutien du PKK.

Vendredi encore, M. Erdogan a assuré n’avoir «aucun doute» sur l’implication des YPG. «Qui était le kamikaze? Bien sûr qu’il était des YPG», a-t-il insisté devant la presse.

M. Davutoglu avait de son côté indiqué que le kamikaze était un Syrien de 23 ans, Salih Necar, présenté comme proche des YPG.

Ankara a aussi été frappée le 10 octobre 2015 par un autre attentat

Ankara a aussi été frappée le 10 octobre 2015 par un autre attentat

Le chef du Parti de l’union démocratique (PYD), dont les YPG sont le bras armé, Saleh Muslim, et un des responsables du PKK, Cemil Bayik, avaient nié ces accusations.

Dans la version anglaise de leur déclaration, les TAK ont aussi mis en garde les visiteurs étrangers contre de nouvelles attaques dirigées contre les sites touristiques turcs.

«Cible majeure»

«Nous conseillons aux touristes étrangers et turcs de ne pas aller dans les zones touristiques en Turquie», écrivent les TAK, «nous ne serons pas responsables de ceux qui mourront dans les attaques qui viseront ces sites».

«Le tourisme (…) est une cible majeure que nous voulons détruire», ajoute le groupe.

Les TAK avaient déjà revendiqué une attaque au mortier lancée le 23 décembre contre l’aéroport Sabiha Gökçen d’Istanbul, qui avait tué une personne.

Le 12 janvier, un attentat-suicide a tué onze touristes allemands dans le district touristique de Sultanahmet à Istanbul. Les autorités turques l’ont attribué au groupe djihadiste État islamique (EI).

M. Erdogan, qui devait s’entretenir dans l’après-midi au téléphone avec son homologue américain Barack Obama, a encore mis en cause vendredi le soutien des États-Unis aux combattants kurdes de Syrie.

«Nous allons leur dire (aux dirigeants américains) où et comment ont explosé les armes qu’ils donnent à ces organisations», a lancé l’homme fort de la Turquie. «L’obstination des Occidentaux nous attriste», a-t-il ajouté.

Le soutien américain aux YPG, en première ligne dans le combat contre le groupe État islamique (EI) en Syrie, suscite de vives tensions entre Turquie et États-Unis. Ankara considère le PYD et les YPG comme des groupes «terroristes», car liés au PKK qui mène depuis 1984 une rébellion meurtrière sur son sol.

Le parquet d’Ankara a indiqué vendredi que six suspects de plus avaient été interpellés en lien avec l’attentat d’Ankara, portant le total des arrestations à 20 depuis mercredi. «L’enquête est déjà presque bouclée», s’est réjoui le procureur en chef d’Ankara, Harun Kodalak, cité par l’agence de presse pro-gouvernementale Anatolie.

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