Trump joue la carte de la peur après l’attentat de Manhattan

Donald Trump a joué lundi la poigne et la peur, après l’attentat de Manhattan et la découverte dans l’État voisin du New Jersey de plusieurs bombes, Hillary Clinton préférant insister sur son expérience passée.

La menace terroriste a fait une entrée fracassante dans la campagne présidentielle américaine, à 49 jours du scrutin : un engin explosif a blessé 29 personnes à Manhattan à New York samedi soir, un autre n’a pas explosé, et dans le New Jersey, plus d’une demi-douzaine d’engins explosifs ont été découverts, dont l’un, qui a partiellement explosé, n’a pas fait de victimes.

Un même suspect est recherché pour ces attentats.

Un homme armé d’un couteau a en outre blessé samedi neuf personnes dans un centre commercial dans le Minnesota, une attaque revendiquée par le groupe djihadiste État islamique.

« Nous allons devoir être très durs », a réagi Donald Trump sur Fox News lundi matin. « Nous avons été faibles, notre pays a été faible. Nous avons laissé entrer des dizaines de milliers de personnes ».

Angoisse sécuritaire

Le candidat républicain a fait de l’angoisse sécuritaire un point fort de sa campagne, avec celui de l’immigration clandestine.

Et les électeurs sont très partagés sur qui des deux candidats sera le plus efficace face à la menace terroriste.

Selon un sondage Fox News publié avant le week-end, 46 % des électeurs font plus confiance à Hillary Clinton sur les questions de terrorisme et de sécurité nationale, contre 45 % qui préfèrent Donald Trump.

Depuis des mois, et notamment depuis l’attentat contre une discothèque gaie d’Orlando en juin, Donald Trump se présente comme l’homme du retour à l’ordre, et cherche à inscrire la montée du groupe État islamique au bilan de Barack Obama et de son ancienne secrétaire d’État, Hillary Clinton.

« Les attaques de samedi montrent l’échec des politiques d’Obama/Hillary Clinton, qui ne peuvent pas assurer notre sécurité ! », a-t-il tweeté dimanche soir.

« Avec moi, l’Amérique redeviendra sûre ! »

Le candidat prône la fermeture sélective des frontières en fonction des pays d’origine, afin d’empêcher l’arrivée de terroristes en puissance. Par exemple, il souhaite stopper tout accueil de réfugiés syriens et dénonce le projet de sa rivale démocrate d’augmenter leur nombre.

Rencontres à l’ONU

Face à lui, Hillary Clinton, proche alliée du président Barack Obama, valorise son quart de siècle d’expérience politique.

Jouant la prudence face à l’impulsivité de son adversaire républicain, sa première réaction a été de jouer le sang-froid : « Il est toujours plus sage d’attendre d’avoir des informations avant d’en conclure quoi que ce soit », avait-elle déclaré samedi soir. La menace terroriste est « réelle, notre détermination aussi », a déclaré lundi la candidate démocrate à la Maison-Blanche.

Elle a demandé des efforts renouvelés en matière de collecte de renseignements, et a affirmé, lors d’un point de presse, être la seule des deux prétendants à la Maison-Blanche à avoir « été associée à des décisions difficiles » visant à éliminer les terroristes.

Après une semaine discrète en raison de sa pneumonie, Hillary Clinton est attendue pour un rassemblement à Philadelphie lundi, pour un discours initialement prévu sur la jeunesse. Donald Trump organise, lui, une réunion publique en Floride.

Mme Clinton doit aussi rencontrer lundi en marge de l’Assemblée générale des Nations unies les présidents égyptien Abdel Fattah al-Sissi et ukrainien Petro Porochenko, ainsi que le premier ministre japonais Shinzo Abe. Donald Trump devrait aussi rencontrer le président égyptien lundi, selon ABC.

L’ancienne chef de la diplomatie rappelle souvent à ses auditoires qu’elle se trouvait en salle de crise avec le président lors du raid secret contre Oussama ben Laden en 2011, et dénonce l’impulsivité du républicain.

Son colistier Tim Kaine a rappelé qu’en tant que sénatrice de New York, elle « se trouvait au World Trade Center quand ils cherchaient des survivants. Elle a été secrétaire d’État, et elle faisait partie de l’équipe de sécurité nationale qui a relancé la traque d’Oussama ben Laden et l’a éliminé », a-t-il ajouté.

Source : AFP

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