Trump est «un escroc, un charlatan», accuse Romney

L’ex-candidat républicain à la présidentielle américaine Mitt Romney a durement attaqué jeudi Donald Trump, l’accusant de «malhonnêteté», «misogynie» et «cupidité», sonnant le coup d’envoi d’une vigoureuse campagne de résistance des conservateurs qui s’inquiètent de la possible investiture du milliardaire.

Une candidature de Donald Trump dans la course à la Maison-Blanche «permettrait» une victoire de la démocrate Hillary Clinton, a assuré Mitt Romney lors d’une conférence de presse dans l’Utah, martelant que le magnat de l’immobilier est «un escroc, un charlatan».

L'ex-candidat républicain à la présidentielle américaine Mitt Romney

L’ex-candidat républicain à la présidentielle américaine Mitt Romney

La résistance s’organise péniblement chez les républicains anti-Trump pour tenter d’arrêter le milliardaire, mais le temps presse et les idées manquent pour stopper Donald Trump.

Des barons du parti républicain s’attelaient à rassembler personnalités, experts et élus conservateurs pour persuader les électeurs que Donald Trump n’a rien d’un sauveur pour le mouvement conservateur, et promouvoir un hypothétique candidat alternatif, que ce soit le sénateur de Floride Marco Rubio ou celui du Texas Ted Cruz.

Mitt Romney, candidat du parti à la présidentielle de 2012, est l’un des porte-paroles les plus éminents de cette tardive contre-offensive.

Plus de 70 experts républicains dans le domaine des affaires étrangères et de la sécurité nationale ont publié une lettre ouverte dénonçant l’incohérence du candidat, ses déclarations ambiguës sur la torture, ses propos islamophobes ou encore son admiration pour Vladimir Poutine.

Le milliardaire a remporté dix des 15 premières consultations depuis le 1er février et il est le favori pour les prochaines épreuves, notamment celles du 15 mars dans des États aussi grands que la Floride et l’Illinois.

Le calendrier des primaires a été conçu de telle façon qu’à partir du 15 mars, le candidat en tête sera quasi assuré de remporter l’investiture: la plupart des États comme la Floride attribueront la totalité de leurs délégués au vainqueur, ce qui consolidera de façon exponentielle son avance.

Résignation

Mais le discours de l’arrière-garde républicaine pourrait être inaudible pour les 30 à 40 % de républicains qui ont jusqu’à présent voté pour Donald Trump justement parce qu’il conteste l’ordre établi.

Le milliardaire a répondu par le mépris aux attaques de Mitt Romney, le qualifiant de perdant («loser») parce qu’il avait perdu en 2012 face à Barack Obama.

Donald Trump a aussi recommencé à insinuer qu’il pourrait se présenter en candidat indépendant si le parti l’empêchait par des machinations, notamment à la convention de Cleveland en juillet, de remporter l’investiture.

«Ils ne reconnaissent pas que j’ai fait quelque chose que personne n’a réussi auparavant. Notre parti stagne, il est mourant», a-t-il argué sur MSNBC jeudi.

Le parti est divisé entre ceux qui résistent et ceux qui sont déjà résignés à rallier le magnat de l’immobilier. Mais les anti-Trump rejettent l’idée que leur campagne risque de faire exploser le parti.

«Nous devons admettre que le parti républicain est en danger et ça fait déjà plusieurs années», dit à l’AFP le sénateur du Nebraska Ben Sasse, l’un des meneurs des anti-Trump au Congrès. «Notre favori est parti en guerre contre presque tous les éléments centraux de notre plateforme, donc ce n’est pas notre mouvement contre Trump qui cause le problème».

C’est dans cette ambiance de guerre intestine que Donald Trump, Ted Cruz, Marco Rubio et le gouverneur de l’Ohio, John Kasich, se retrouveront jeudi soir à Detroit pour le onzième débat de la saison.

L’agitation autour du favori Trump était aussi au coeur du grand rassemblement annuel des conservateurs américain CPAC, qui s’est ouvert jeudi à National Harbor près de Washington. Dans les allées, certains républicains disaient ne plus croire que Donald Trump puisse être arrêté.

«D’après mon expérience, les campagnes anti-quelqu’un sont rarement efficaces», dit à l’AFP Rick Santorum, candidat malheureux des primaires qui soutient Marco Rubio.

On trouve des militants républicains comme Ron Fodor, maire d’une petite ville de Pennsylvanie, résigné à voter pour Donald Trump, jugé comme le meilleur espoir de battre Hillary Clinton à la présidentielle de novembre: «je soutenais Rubio, mais je crois qu’il ne pourra pas gagner, donc je vais me boucher le nez et voter Trump».

Une sexagénaire, Doris, les larmes aux yeux, lâche en passant: «Nos vies sont merdiques, le parti républicain et Obama ont conspiré pour nous donner Trump. Et vous savez quoi? Il va arranger les choses».

AFP

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