Trump agite le spectre d’une élection truquée, son camp tempère

À trois semaines de l’élection présidentielle, le candidat républicain Donald Trump agite avec de plus en plus de virulence le spectre d’un scrutin truqué au bénéfice de sa rivale démocrate Hillary Clinton, son camp s’employant à tempérer ses propos.

«Les sondages sont serrés, mais arrivez-vous à croire que j’ai perdu un grand nombre d’électrices sur la base d’événements qui n’ont jamais eu lieu. Les médias truquent les élections !», a lancé dimanche matin sur Twitter le magnat de l’immobilier, mis en cause par une dizaine de femmes pour agression ou harcèlement sexuel.

Au moment où nombre d’élus, chez les démocrates comme chez les républicains, s’inquiètent de l’impact potentiel des propos de l’imprévisible candidat, souvent tenus devant des foules électrisées, son colistier Mike Pence s’est employé à calmer le jeu.

«Nous accepterons absolument les résultats de l’élection», a-t-il affirmé dans Meet the press sur NBC, rappelant que Donald Trump s’y était engagé lors du premier débat.

«Nous nous battrons jusqu’au 8 novembre et nous accepterons bien sûr la volonté du peuple américain», a-t-il ajouté.

Samedi soir, c’est le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, qui avait fait entendre sa différence. «Notre démocratie est basée sur la confiance dans le résultat des élections et [Paul Ryan] est absolument convaincu que les États conduiront cette élection avec intégrité», avait indiqué sa porte-parole AshLee Strong.

Le dernier sondage national NBC/WSJ, publié dimanche matin, donne une avance de 11 points à l’ancienne secrétaire d’État face à l’homme d’affaires (48% contre 37%). Un autre sondage, ABC/Washington Post, fait ressortir une avance de 4 points (47% contre 43%).

Le silence d’Hillary Clinton

Plus inquiétant pour Donald Trump, le «CBS battleground tracker», qui se penche sur le rapport de force dans une douzaine d’États-clés, relève un changement marqué du vote des femmes qui donne une forte impulsion à la candidate avec désormais une avance de 6 points.

Selon cette étude, 70% des électeurs américains ne pensent pas que Trump respecte les femmes.

Aux abois, le candidat du Grand Old Party se montre de plus en plus agressif, tandis que sa rivale démocrate Hillary Clinton garde le silence et engrange des points précieux à l’approche du troisième et dernier débat qui aura lieu mercredi soir à Las Vegas.

C’est devenu l’une des répliques favorites de l’émission satirique Saturday Night Live: après une énième tirade enflammée du «Donald» (incarné par Alec Baldwin), le commentateur se tourne vers «Hillary». «Avez-vous quelque chose à ajouter?» «Non», répond cette dernière dans un immense sourire, trop heureuse de tirer profit des excès de son adversaire.

L’homme d’affaires de New York, qui il y a un an clamait son enthousiasme pour cette émission culte, l’apprécie de moins de moins. À l’aube, il a dénoncé sur Twitter un show «ennuyeux et pas drôle». Et a profité de l’occasion pour une nouvelle fois lancer ce qui ressemble désormais presque à un slogan: «Les médias truquent l’élection!»

Pour Hillary Clinton, qui n’a pas dit un mot ce weekend et n’a aucun événement annoncé à ce stade sur les trois jours à venir, le calcul est bien sûr de laisser Trump s’empêtrer tout seul au milieu d’une cascade d’accusations.

Mais celle qui espère devenir la première femme présidente de l’histoire des États-Unis sait aussi que les frasques sexuelles passées de son mari Bill Clinton, que le camp Trump s’emploie à mettre en avant, limitent sa marge de manoeuvre.

Si Michelle Obama s’est dite – dans un discours qui a marqué les esprits et a même été salué par le commentateur très conservateur Glenn Beck – «glacée jusqu’à la moelle» par l’attitude «effrayante» de Trump envers les femmes, Hillary Clinton s’est montrée beaucoup plus évasive sur ce thème.

Source : AFP

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