Syrie: Washington et Moscou s’étrillent à l’ONU

Les États-Unis et la Russie se sont étrillés mercredi devant le Conseil de sécurité de l’ONU réuni en urgence pour trouver une issue diplomatique en Syrie, la guerre reprenant de plus belle dans la ville martyre d’Alep sous les bombes.

Deux jours après l’effondrement du cessez-le-feu, l’impasse diplomatique est totale et les échanges entre Moscou et Washington, parrains du processus syrien, de plus en plus acrimonieux.

L’«enfer» de cette guerre qui a fait plus de 300 000 morts et provoqué la pire tragédie humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale «jette la honte sur nous», a tonné le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon en ouvrant une session de crise du Conseil de sécurité.

«C’est un moment de vérité pour la Russie, pour l’opposition et (…) pour la communauté internationale» a aussi mis en garde le secrétaire d’État américain John Kerry, dans une colère froide devant un Conseil à l’ambiance de plomb.

«Ce n’est pas une blague»

«Ce n’est pas une blague, c’est une affaire grave», s’est insurgé le ministre américain en se demandant ironiquement si son homologue russe Sergueï Lavrov et lui vivaient «dans des univers parallèles».

Il a exigé une remise sur les rails de l’accord de Genève qu’il avait paraphé le 9 septembre avec M. Lavrov afin que Moscou impose à son protégé à Damas de «clouer au sol ses aéronefs» et lui «interdise» de bombarder l’opposition et les civils.

L’accord prévoyait sept jours de cessez-le-feu à compter du 12 septembre, de l’aide humanitaire, une zone de facto d’interdiction de survol pour l’aviation syrienne et une coopération militaire russo-américaine contre les jihadistes.

Montrant du doigt la Russie et la Syrie, John Kerry a encore qualifié de «violation flagrante du droit international» le raid de lundi contre un convoi humanitaire de l’ONU (une vingtaine de morts) et celui de mardi soir contre deux ambulances (quatre tués).

En réponse, l’ambassadeur syrien Bachar al-Jaafari a accusé les États-Unis et leurs partenaires de conduire une «guerre de propagande immonde», pendant que son pays combat «des dizaines de milliers de terroristes».

À Moscou, le ministère de la Défense a même affirmé qu’un drone Predator de la coalition militaire pilotée par Washington se trouvait dans le secteur de la frappe contre le convoi humanitaire lundi. Le Pentagone l’a démenti et l’ONU à Genève s’est dite «prête» à reprendre ses convois humanitaires.

Il faut dire que la coalition avait reconnu le 17 septembre avoir bombardé par erreur l’armée syrienne, faisant 90 morts. «Un accident terrible», a concédé M. Kerry.

Impassible devant le Conseil de sécurité, M. Lavrov n’a pas fermé la porte à un retour de la trêve, mais il a affirmé qu’il «ne pouvait plus y avoir de pause unilatérale» par l’armée du président Bachar al-Assad, accusant l’opposition d’avoir repris les hostilités.

 

Source : AFP

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