Syrie: Défaite de Daech dans sa ville symbole

Des rebelles syriens soutenus par la Turquie ont infligé une défaite dimanche au groupe Etat islamique (EI) en s’emparant de Dabiq, une ville proche de la frontière turque et un symbole pour les djihadistes.

Ce revers de l’EI survient alors que le secrétaire d’État américain John Kerry tente dimanche à Londres de relancer avec les Européens les efforts pour mettre fin à la guerre en Syrie, où les bombardements se poursuivent sans relâche, notamment sur les quartiers rebelles d’Alep (nord).

Le conflit syrien, qui a débuté après la répression en 2011 par le régime du président syrien Bachar al-Assad de manifestations prodémocratie, a fait plus de 300 000 morts et implique aujourd’hui des acteurs locaux, régionaux et internationaux ainsi que des groupes djihadistes.

«Les rebelles ont pris Dabiq après le retrait de la localité des djihadistes de l’EI», a affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui a précisé que les rebelles avaient aussi capturé Soran, une localité mitoyenne.

Un des groupes rebelles, l’Union Fastaqim, a confirmé sur Twitter que Dabiq était tombée «après de violents combats avec Daech», acronyme en arabe de l’EI. Il a indiqué que d’autres localités limitrophes ont été conquises.

Dans une vidéo filmée à Dabiq par un correspondant de l’AFP, on voit des rues quasiment désertes. Des drapeaux de l’EI sont peints sur les murs, ainsi que des slogans comme «Notre cause, c’est l’établissement du califat».

En treillis avec le drapeau de la révolution syrienne sur la poitrine, le chef de la «Brigade 51» Ibrahim Afassi affirme: «Je remercie Dieu qui a nous donné la victoire sur les gamins de (Abou Bakr al-) Baghdadi (NDLR: calife autoproclamé de l’EI). Aujourd’hui, les héros de l’Armée syrienne libre ont libéré la région.»

Dabiq a une forte portée symbolique pour les djihadistes, car selon une prophétie de l’islam, cette localité sera le site d’une bataille entre les armées chrétiennes et musulmanes, où ces dernières, après avoir frôlé une humiliante défaite, finiront par triompher.

Les djihadistes font le rapprochement avec leur guerre contre la coalition «croisée», comme ils désignent la coalition internationale menée par les États-Unis.

D’après la firme américaine IHS, le «califat» autoproclamé par l’EI en Irak et en Syrie se limite aujourd’hui à 68 300 km2, contre 90 800 km2 début 2015.

Selon l’agence officielle turque Anadolu, les rebelles soutenus par la Turquie se sont emparés de 1130 km2 de territoire syrien depuis le début, à la fin août, d’une opération militaire visant à chasser l’EI, mais aussi des rebelles kurdes syriens, de la frontière syro-turque.

«Nouvelles idées»

Dans la deuxième ville de Syrie, Alep, les quartiers rebelles ont de nouveau été visés dimanche matin par d’importants raids aériens du régime du président Bachar al-Assad et de son allié russe, selon un correspondant de l’AFP.

L’OSDH a fait état de frappes sur les quartiers de Soukkari, Hanano et Boustane al-Qasr qui ont tué quatre personnes.

Selon l’agence officielle syrienne Sana, trois civils, dont deux femmes, ont été tués et une vingtaine blessés par des tirs de roquettes des rebelles sur des secteurs d’Alep tenus par le régime.

Samedi à Lausanne, une rencontre entre M. Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov -leur première depuis le début le 22 septembre de l’offensive russo-syrienne sur les quartiers rebelles d’Alep- n’a donné aucun résultat concret, même si le secrétaire d’Etat américain a évoqué de «nouvelles idées».

Cinq pays arabes, l’Iran et la Turquie ont pris part à ces discussions dont les Européens étaient les grands absents.

Les ministres britannique, français, allemand et italien rencontraient toutefois John Kerry dimanche à Londres, où le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson devait proposer selon, le Sunday Times citant des sources proches du ministre, la création de «zones de non-bombardement» à Alep.

Cela impliquerait des frappes militaires ciblées sur des installations du régime si celui-ci continue à viser des objectifs civils comme des hôpitaux.

Depuis l’échec du dernier cessez-le-feu en septembre, l’offensive russo-syrienne contre la partie d’Alep tenue par les rebelles a tué plus de 370 personnes, essentiellement des civils, selon l’OSDH.

Le régime et son allié russe déclarent bombarder ces quartiers pour éliminer les «terroristes», principalement les djihadistes du Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda).

Dans une nouvelle pique envers la France, Vladimir Poutine a affirmé dimanche que ce pays n’était pas «très impliqué» dans la résolution du conflit syrien. Cette semaine, le président russe – qui a annulé une visite à Paris – avait jugé que Paris avait «envenimé la situation» en proposant à l’ONU une résolution sur la cessation des bombardements à Alep.

La Russie, qui soutient plus que jamais le régime de Damas, a proposé une sortie sécurisée d’Alep pour les rebelles, tandis que l’ONU a présenté un plan visant à faire sortir d’Alep les djihadistes de Fateh al-Cham. Mais l’opposition craint que le régime et Moscou ne veuillent en fait forcer une reddition complète.

Source : AFP

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