Super mardi : Trump et Clinton écrasent leurs rivaux

La route vers l’investiture pour la présidentielle leur semble désormais grande ouverte: Donald Trump et Hillary Clinton ont largement dominé leurs rivaux lors des primaires américaines cruciales du Super mardi.

«Merci Géorgie!», «Merci Massachusetts!» «Merci Tennessee!», «Merci Alabama !», «Merci Virginie!»: le milliardaire de 69 ans s’est réjoui, sur Twitter, d’une impressionnante série de victoires.

«Ce fut une soirée fantastique», a-t-il déclaré depuis Palm Beach, en Floride, se présentant comme le seul capable de «rassembler» le parti et donnant rendez-vous aux électeurs de cet État où aura lieu la prochaine primaire, le 15 mars.

La défaite du jeune sénateur Marco Rubio en Virginie, où il nourrissait de réels espoirs, sonne comme une véritable claque pour celui qui espérait encore rallier sur sa candidature tous les «anti-Trump».

Le parti républicain, qui espère retrouver la Maison-Blanche après deux mandats du démocrate Barack Obama, est cependant divisé sur la candidature du magnat de l’immobilier, dont les propositions iconoclastes et le style abrasif dérangent.

Géorgie, Alabama, Tennesse, Virginie, Arkansas, Texas: comme attendu, Hillary Clinton l’a elle emporté haut la main dans les États du Sud où les minorités lui confèrent un grand avantage.

Dans un discours prononcé depuis Miami, l’ancienne secrétaire d’État s’est déjà projetée vers l’élection du 8 novembre, réservant ses attaques aux républicains.

«Le niveau du discours dans l’autre camp n’a jamais été aussi bas», a-t-elle lancé, dénonçant, dans une allusion aux propositions de Trump sur les Mexicains ou les musulmans, la stratégie consistant à «diviser l’Amérique».

Rubio, grand perdant

Seul rival de l’ancienne Première dame dans le camp démocrate, le sénateur Bernie Sanders l’a emporté dans son fief du Vermont, frontalier du Québec, ainsi que dans l’Oklahoma.

Comme en Caroline du Sud samedi, Hillary Clinton a remporté la quasi-totalité du vote noir en Virginie: 82%, selon les sondages de sorties d’urnes. Deux tiers des électrices démocrates ont également voté pour elle.

Mais la base de Bernie Sanders parmi les jeunes démocrates ne s’érode pas: 71% des 17-29 ans ont voté pour lui dans cet État.

Visiblement épuisé, le sénateur de 74 ans, a tenté de faire bonne figure, rappelant que la course était encore en longue: «35 États doivent encore voter», a-t-il lancé lors d’un discours où la flamme qui a marqué sa campagne jusqu’ici semblait éteinte.

Si sa campagne a les moyens financiers de poursuivre le combat pendant plusieurs mois, l’issue du duel fait désormais peu de doute.

Un cinquième des délégués républicains et un quart des délégués démocrates devaient être attribués durant ce seul Super mardi.

Le sénateur ultra-conservateur du Texas, Ted Cruz, l’a emporté dans son fief ainsi que dans l’Oklahoma, sauvant la mise et sans doute sa campagne.

Grand perdant de la soirée électorale, Marco Rubio est resté évasif sur la façon dont il entendait remonter la pente: «Quand je serai président, nous poursuivrons le rêve américain!» a lancé celui qui estime que Trump représente «une grave menace» pour l’avenir des États-Unis.

«Politiques de la peur»

Selon un sondage CNN publié mardi, les démocrates l’emporteraient dans tous les cas dans un duel face au milliardaire, avec une marge légèrement plus confortable pour M. Sanders (55% contre 43%) que pour Mme Clinton (52% contre 44%).

Preuve des tensions qui traversent le camp républicain, Donald Trump est la cible d’attaques tous azimuts auxquelles il répond, pour le plus grand plaisir des larges foules qui viennent l’applaudir, du tac au tac.

En trois jours, il s’est vu reprocher d’avoir refusé de condamner le Ku Klux Klan, d’avoir retweeté une citation de Benito Mussolini, de forcer sur le faux bronzage ou encore d’être lié à la mafia du bâtiment.

Certains conservateurs affirment désormais publiquement qu’ils ne voteront pas pour Donald Trump à la présidentielle.

Le rival républicain malheureux de Barack Obama en 2008, John McCain, a jugé «inquiétant» le niveau du débat dans son camp, appelant de ses voeux une campagne présidentielle «qui ne se concentre pas sur la taille des oreilles des gens» ou «leurs problèmes de sudation».

Reflétant la perplexité de nombre de dirigeants occidentaux face à la montée en puissance de Donald Trump, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, en visite à Washington, s’est invité dans le débat politique américain.

«Construire des murs est une très mauvaise idée, peu importe qui les finance», a-t-il lancé dans une allusion au mur que l’homme d’affaires veut construire à la frontière entre Mexique et États-Unis.

«Gardons-nous de ces politiques de la peur, elles sont dangereuses pour l’Europe et pour les États-Unis, elles sont mauvaises pour le monde», a-t-il insisté.

AFP

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