Québec : Rona achetée par Lowe’s pour 3,2 milliards $

La Presse Canadienne – Près de quatre ans après l’échec d’une première tentative pour acquérir le quincailler Rona, le géant américain de la rénovation Lowe’s est finalement parvenu à ses fins.

Les deux entreprises ont annoncé mercredi une entente définitive qui fera passer le fleuron québécois fondé en 1939 sous contrôle étranger en contrepartie d’une somme de 3,2 milliards de dollars en espèces.

Cette transaction a été approuvée à l’unanimité par les conseils d’administration des deux sociétés, mais elle devra notamment recevoir le feu vert des actionnaires de Rona d’ici la fin du premier trimestre.

Lowe’s avait déposé une offre de 1,76 milliard pour mettre la main sur Rona en 2012, mais cette approche avait suscité une levée de boucliers, notamment de la part du gouvernement du Québec ainsi que des marchands indépendants du quincailler.

«Nous croyons que le moment est venu de franchir cette nouvelle étape», a commenté le président du conseil de Rona, Robert Chevrier, par voie de communiqué.

«L’équipe de Lowe’s nous a présenté un excellent plan pour que notre entreprise maintienne le pouvoir de sa marque, tout en nous permettant d’utiliser la présence mondiale de Lowe’s comme tremplin», a-t-il ajouté.

En octobre dernier, le détaillant américain s’apprêtait à rencontrer des fournisseurs québécois, ce qui avait alimenté les rumeurs voulant que la chaîne spécialisée soit en train de préparer son entrée au Québec.

Lowe’s offre 24$ par action ordinaire de Rona, soit une prime de 104% par rapport au cours de clôture du titre de l’entreprise québécoise, mardi, à la Bourse de Toronto. En début de journée mercredi, la valeur du titre de Rona bondissait de 99% à Toronto, à 23,47$.

Rapidement, la Caisse de dépôt et placement du Québec, le plus important actionnaire de Rona, avec une participation de 17%, a confirmé son intention de déposer ses actions.

«Dans l’ensemble, la Caisse estime que la transaction mènera au maintien de la croissance de l’activité économique générée par les bannières de Rona au Québec», a-t-elle fait valoir, par voie de communiqué.

Parmi ses engagements, Lowe’s s’est engagé à établir son siège social à Boucherville – qui sera dirigé par son président au Canada, Sylvain Prud’homme – , et à conserver les «multiples bannières» de Rona, la «vaste majorité» des employés actuels ainsi que des «hauts dirigeants clés».

À travers son réseau, Rona exploite près de 500 établissements corporatifs et magasins affiliés indépendants, qui, ensemble, emploient plus de 23 000 personnes.

Ce regroupement fera ainsi naître la plus importante chaîne spécialisée dans la rénovation au pays, avec des revenus estimés à 5,6 milliards de dollars pour l’exercice 2015.

«La transaction devrait accélérer la mise en oeuvre de la stratégie de croissance de Lowe’s en intensifiant de manière importante notre présence sur le marché canadien grâce à l’ajout des activités attrayantes de Rona», a estimé le président et chef de la direction de Lowe’s, Robert Niblock.

D’ici cinq ans, le numéro deux de la rénovation aux États-Unis derrière Home Depot croit pouvoir doubler la rentabilité de ses activités canadiennes.

Lowe’s compte 1845 magasins en Amérique du Nord, dont 42 au Canada répartis en Ontario, en Alberta, en Colombie-Britannique ainsi qu’en Saskatchewan. En comparaison, son principal concurrent, Home Depot, compte 182 établissements au pays et 2264 en Amérique du Nord.

Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux, estime que la transaction devrait satisfaire les actionnaires de Rona, puisque le prix offert représente 11 fois le bénéfice d’exploitation anticipé du quincailler québécois pour l’exercice 2016.

Dans une note, l’analyste souligne que cette transaction est bien différente de la percée «désastreuse» tentée par Target au Canada, puisque Lowe’s met la main sur une entreprise ayant une empreinte solide au pays.

Mots clés:
· · ·
Catégorie de l'article:
Pure Info
Publié par:

Les commentaires sont fermés pour cet article.