Policier tué près de Paris: «un acte terroriste», dit Hollande

Une revendication du groupe État islamique, une allégeance prêté au chef de l’EI Baghdadi, un passé dans une filière djihadiste: les enquêteurs français remontaient mardi la piste terroriste au lendemain du meurtre d’un policier et de sa compagne près de Paris par un homme fiché pour radicalisation.

Le responsable de l’attentat commis lundi en région parisienne avait prêté allégeance au chef de l’EI il y a trois semaines et avait en sa possession une « liste de cibles », a annoncé mardi le procureur de Paris François Molins.

Au cours de négociations avec les policiers, « le tueur a indiqué être musulman pratiquant, faire le ramadan et a précisé qu’il avait prêté allégeance trois semaines plus tôt au commandeur des croyants de l’État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi », a expliqué M. Molins à la presse. L’assaillant connaissait la qualité de policier de la victime et a expliqué avoir répondu à un appel du chef de l’EI « demandant de «tuer des mécréants, chez eux avec leur famille» », a ajouté le procureur.

Une « liste de cibles », mentionnant des personnalités ou des professions, a été retrouvée sur le lieu de la tuerie, a-t-il expliqué.

« Un certain nombre d’investigations et de constatations » ont été menées qui ont permis de « saisir à l’intérieur du pavillon une liste de cibles mentionnant des personnalités ou des professions (rappeurs, journalistes, policiers) ou des personnalités publiques », selon le procureur. Ont aussi été saisis « trois téléphones, trois couteaux et en particulier un couteau ensanglanté posé sur la table », a-t-il ajouté.

Larossi Abballa a envoyé à 20 h 52 une vidéo de revendication de 12 minutes à une centaine de contacts, avec également deux tweets de revendications sur un compte ouvert début juin.

L’enfant des deux victimes a été retrouvé après le double assassinat par les policiers d’élite « dans un état de sidération » et immédiatement hospitalisé, a ajouté M. Molins.

Des écoutes visant l’assaillant n’avaient pas permis de déceler un passage à l’« acte violent », a-t-il par ailleurs reconnu.

Des « interceptions téléphoniques et géolocalisations » mises en places « sur plusieurs lignes téléphoniques n’avaient pas permis à ce jour de déceler le moindre élément » sur « la préparation et un passage à l’acte violent ». Le tueur, 25 ans, était « visé par des investigations conduites par un magistrat antiterroriste » depuis 2016 sur une filière djihadiste syrienne.

Il avait été déjà condamné le 30 septembre 2013 à une peine 3 ans dont 6 mois sursis, mais libéré après le jugement en raison du temps passé en détention préventive.

Le président François Hollande a dénoncé «un acte incontestablement terroriste», à l’issue d’une réunion d’urgence à l’Élysée avec le premier ministre Manuel Valls, les ministres de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et de la Justice Jean-Jacques Urvoas.

Source : AFP/BFMTV

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