Manif inédite de policiers en pleine nuit sur les Champs-Elysées

Plusieurs centaines de policiers ont manifesté de manière inédite leur mécontentement sur les Champs-Elysées à Paris, dans la nuit de lundi à mardi, dix jours après une attaque contre des collègues dans la banlieue parisienne.

Leur comportement a été jugé «inacceptable» par le patron de la police française Jean-Marc Falcone, pour qui les manifestants ont «fragilisé la police nationale» en manquant à leur devoir de réserve.

Les policiers ont perturbé pendant plus d’une demi-heure la circulation autour de l’Arc de Triomphe et sur l’avenue la plus célèbre du monde vers 01h00 du matin, avant de se disperser.

É, ils circulaient dans des véhicules banalisés ou appartenant à la flotte officielle de la police, gyrophares allumés. «Nous sommes à bout», a expliqué l’un d’eux.

«C’est un mouvement asyndical, une réaction face à l’absence de réponse réelle de l’État (pour contrer les violences anti-policières). On en a marre que ça n’aille pas vite», a expliqué un autre policier.

Suite à des invitations qui ont circulé par SMS, le rassemblement avait débuté devant l’hôpital où un policier de 28 ans est maintenu dans un coma artificiel depuis qu’il a été très grièvement brûlé dans une attaque commise le 8 octobre à Viry-Châtillon (sud de Paris).

La «police des polices» (IGPN) va enquêter sur «les manquements individuels aux règles statutaires» après cette manifestation sur les Champs-Élysées, a annoncé pour sa part M. Falcone.

Il a rencontré mardi soir à Evry les chefs de brigade et de brigade anticriminalité (BAC) du département de l’Essonne, au sud de Paris, d’où étaient partis de nombreux manifestants la veille. Ce déplacement visait à «les écouter et échanger avec eux dans une démarche constructive», a assuré à l’AFP une source proche de la hiérarchie policière sur place.

Plus d’une centaine de fonctionnaires se sont toutefois rassemblés parallèlement à Evry pour soutenir leurs collègues menacés de sanctions. «Notre hiérarchie n’a rien compris aux malaises des fonctionnaires. (…) Les poursuites sont totalement injustifiées», a estimé une policière.

Le 8 octobre, une dizaine de personnes avaient brisé les vitres de deux véhicules de police et les avaient incendiés avec des cocktails Molotov en tentant de bloquer les policiers à l’intérieur. Quatre agents ont été blessés, dont deux grièvement.

Trois jours après cette attaque, plusieurs centaines de policiers s’étaient rassemblés en silence devant les commissariats de France, en solidarité avec leurs collègues attaqués, réclamant plus de moyens et de fermeté.

Source : AFP

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