Mails de Clinton: des pressions du département d’État sur le FBI

Un haut responsable du département d’État a fait pression sur la police fédérale (FBI) en 2015 pour rabaisser la classification d’un message confidentiel d’Hillary Clinton, selon des documents parus lundi évoquant un possible échange de bons procédés.

À l’époque, le département d’État passait en revue des dizaines de milliers de messages issus de la messagerie privée d’Hillary Clinton dans le but de les publier sur un site gouvernemental. Lors de ce processus, des messages ont été classés confidentiels ou secrets et donc expurgés, une classification gênante, car Hillary Clinton n’était pas censée échanger d’informations confidentielles sur un réseau non gouvernemental.

Le FBI a enquêté et conclu en juillet dernier que des poursuites pénales n’étaient pas justifiées, bien que le directeur James Comey ait épinglé l’ancienne secrétaire d’État pour «négligence extrême».

Dans des notes résumant ces investigations et publiées lundi par le FBI, il est fait état de pressions de Patrick Kennedy, l’un des sous-secrétaires d’État, concernant un courriel sensible, relatif à des activités du FBI, et classé «secret».

M. Kennedy a demandé que ce message soit déclassifié ou reclassifié dans une catégorie moins sensible. Un agent du FBI a rapporté une proposition d’échange de bons procédés, ayant réclamé à M. Kennedy que le département d’État accepte la demande du FBI de déploiement d’agents supplémentaires dans des postes diplomatiques à l’étranger.

In fine, le message en question, n’a pas été déclassifié.

Le FBI, dans un communiqué lundi, a déclaré que la demande de postes n’était pas liée aux discussions sur la classification du message.

«Bien qu’il n’y ait jamais eu de contrepartie, ces allégations ont été rapportées aux responsables appropriés pour être passées en revue», indique la police fédérale.

Donald Trump a saisi la publication de ces notes pour dénoncer une collusion entre l’administration et la candidate démocrate. «Ces documents du FBI sont la preuve indéniable qu’Hillary Clinton a fait collusion avec le FBI, le ministère de la Justice et le département d’État pour dissimuler des activités criminelles au plus haut niveau», a déclaré le général à la retraite et proche conseiller Michael Flynn.

Deux présidents de commissions parlementaires, Jason Chaffetz et Devin Nunes, ont réclamé lundi le départ de Patrick Kennedy.

Le directeur de campagne d’Hillary Clinton, Robby Mook, a quant à lui relevé que les négociations sur le niveau de classification de messages avant leur publication étaient banales.

Source : AFP

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