L’ouragan Matthew fait ses premières victimes

Le très puissant ouragan Matthew a fait ses premières victimes en Haïti et continuait de se rapprocher lundi du pays de la Caraïbe et de l’est de Cuba, où l’on redoute d’importants dégâts et où des milliers de personnes ont été évacuées.

Dès vendredi, un homme était mort après le naufrage d’une pirogue dans le sud d’Haïti, selon la direction de la protection civile haïtienne. Une autre personne était portée disparue lundi après un autre naufrage de pirogue.

L’oeil de l’ouragan se trouvait lundi soir à 325 kilomètres au sud-ouest de la capitale Port-au-Prince et poursuivait sa lente progression vers le nord (13 km/h).

«Selon les prévisions, le centre de Matthew s’approchera de la côte sud-ouest d’Haïti ce soir, continuera à s’approcher de l’est de Cuba plus tard mardi, avant de passer près ou au-dessus de certaines portions du sud-est des Bahamas mardi soir et mercredi», a prédit le centre américain de surveillance des ouragans (NHC), basé à Miami.

Celui-ci fait état de vents soufflant à près de 220 km/h, avec des bourrasques encore plus puissantes, classant Matthew en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson qui en compte 5.

Haïti, les provinces orientales de Cuba et les Bahamas ont été placés en alerte ouragan.

En Haïti, le niveau d’alerte est passé d’orange à rouge, le maximum dans ce pays, le plus pauvre de la région, et plus de 2000 personnes vivant dans la péninsule sud avaient été évacuées lundi soir.

«La population réticente»

Les opérations d’évacuation étaient toujours en cours et sur l’ensemble du territoire, 1300 abris provisoires ont été recensés, permettant l’accueil de 340 000 personnes.

«Ces évacuations ne se sont pas déroulées dans des conditions faciles car la population était réticente», a indiqué Marie-Alta Jean-Baptiste, la directrice de la protection civile.

«Mes compatriotes, ne soyez pas têtus, ne dites pas «Dieu est bon» et prendra soin de vous: il faudra évacuer les zones qui représentent un danger. Nous n’avons aucun intérêt à risquer notre vie», a exhorté dimanche Jocelerme Privert, président intérimaire d’Haïti.

À cause des risques d’inondations, 43 détenus de la prison de la ville de Miragoane ont été déplacés pour être mis en sécurité dans la ville de Fond-des-Nègres.

Le niveau de la mer pourrait monter de deux à trois mètres dans le sud, représentant un danger important pour les habitants et leurs logements précaires.

Aux Cayes, troisième ville du pays, la pluie s’est intensifiée et l’eau de mer a ainsi commencé à pénétrer les rues.

Les précipitions pourraient atteindre jusqu’à un mètre par endroits, entraînant inondations et coulées de boues potentiellement meurtrières, a prévenu le NHC.

Mesures dérisoires à Port-au-Prince, des engins lourds se sont évertués lundi à vider les canaux d’évacuation des eaux du centre-ville, obstrués depuis des mois par des ordures. Une tâche impossible à achever avant l’arrivée de l’ouragan dans la nuit.

Évacuation de Guantanamo

Sur l’île de Cuba, les autorités militaires américaines ont évacué les personnels non essentiels et leurs familles de la base militaire et prison controversée de Guantanamo.

Quant aux 61 prisonniers de la «guerre contre le terrorisme», ils sont à l’abri dans les installations prévues pour résister à ce type de tempête, a affirmé l’armée américaine.

«Il faut se préparer pour cet ouragan comme s’il était deux fois plus puissant que Sandy», a déclaré le président cubain Raul Castro, qui s’est déplacé dimanche à Santiago, dans la région la plus menacée, afin de superviser les préparatifs.

Sandy (catégorie 3) avait fait d’énormes dégâts partout sur sa trajectoire en 2012, jusque sur la côte nord-est des États-Unis.

Lundi soir, un total de 316 000 habitants de l’est de Cuba avaient été évacués, selon la Défense civile: 296 000 relogés chez des particuliers et 20 000 autres transférés vers des abris.

Les autorités de Jamaïque s’attendent à une tempête d’une violence équivalente à celle deGilbert (catégorie 5), qui avait frappé le pays le 12 septembre 1988 et fait 40 morts et d’énormes dégâts.

Mais le premier ministre Andrew Holness a souligné que le pays était «bien plus préparé» qu’alors et le pays a rétrogradé son niveau d’alerte et n’est plus qu’en «vigilance tempête tropicale».

Les écoles sont restées fermées lundi, nombre d’entre elles servant d’abris d’urgence.

L’ouragan pourrait ensuite remonter jusqu’au sud-est des États-Unis, où la Floride et la Caroline du Nord ont décrété l’état d’urgence.

La saison des ouragans dans l’Atlantique s’étend en principe du 1er juin au 30 novembre mais le premier ouragan de 2016, baptisé Alex, s’était formé en janvier.

Source : AFP

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