Les républicains préparent une défaite de Trump

L’«establishment» du parti républicain semblait lundi abandonner tout espoir de reconquérir la Maison-Blanche avec Donald Trump et cherchait avant tout à sauver sa majorité au Congrès, au lendemain d’un débat d’une virulence inédite qui a renforcé l’optimisme d’Hillary Clinton.

Cette concession est venue de l’homme fort du Congrès américain, Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants. Il a annoncé à des élus de son parti qu’il «ne défendrait pas ou ne ferait pas campagne» pour Donald Trump, une façon de dire qu’il coupait tout lien avec l’homme d’affaires, qu’il n’a jamais apprécié.

Mais le chef républicain entend sauver les meubles au Congrès, qui sera renouvelé le même jour que la présidentielle. Il ne veut pas donner à Hillary Clinton un «chèque en blanc avec un Congrès contrôlé par les démocrates», selon une source de son parti.

L’aveu n’a pas été du goût de Donald Trump, qui a publiquement tancé Paul Ryan, aggravant la crise interne.

M. Ryan «devrait consacrer davantage son temps au budget, à l’emploi et à l’immigration» plutôt que de «se battre contre le candidat républicain», a écrit Donald Trump sur Twitter.

Le 8 novembre, les Américains éliront leur président mais aussi les élus de la Chambre des représentants pour deux ans et le tiers des sénateurs pour six ans.

 M. Ryan s’était dit «écoeuré» par les propos dégradants sur les femmes tenus par M. Trump dans une vidéo datant de 2005, qui a entraîné une cascade de défections républicaines.

Durant le débat, le milliardaire a présenté des excuses. «Il n’y a que les hommes forts qui savent reconnaître leurs erreurs, être transparents et vulnérables», a déclaré lundi Mike Pence, son colistier resté fidèle.

«Frissons» au parti républicain

La vidéo exhumée a comme prévu été au centre du deuxième débat.

«Vous avez vu le débat hier soir? Vous n’aviez probablement jamais vu ça auparavant…», a plaisanté Hillary Clinton devant 3.500 personnes sur un campus à Detroit, dans le Michigan (nord), où elle tentait de mobiliser les jeunes électeurs.

«Donald Trump a passé son temps à m’attaquer au lieu de s’excuser», a-t-elle déclaré, matraquant son message que le républicain est trop instable et intolérant pour la Maison-Blanche. «Certains ne veulent pas l’admettre, mais cet homme a insulté non seulement les femmes, mais les Noirs, les Latinos, les handicapés, les musulmans, les prisonniers de guerre et tant d’autres».

Au même moment, Donald Trump assurait à ses partisans en Pennsylvanie (est) qu’Hillary Clinton était «hautement surestimée».

Prenant exemple sur le Brexit, le milliardaire populiste a prédit la même surprise en novembre aux États-Unis. «Nous voulons reprendre notre indépendance et nos frontières», a-t-il lancé.

Même s’ils affirment que rien n’est gagné, une certaine assurance s’est toutefois installée chez les proches de Clinton, qui commencent à voir la lumière au bout du tunnel.

Un sondage NBC/Wall Street Journal publié lundi a fait l’effet d’une petite bombe, créditant la démocrate d’une avance de 11 points sur le républicain, un sommet.

Ce même sondage donne l’avantage aux démocrates pour les législatives avec 7 points d’avance au niveau national. Cela ne se traduira pas forcément en une victoire au jeu des circonscriptions, mais suffira à «donner des frissons» au parti républicain, selon David Axelrod, ancien bras droit politique de Barack Obama.

Source : AFP

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