Les entreprises nomment peu de cadres immigrants malgré un discours d’ouverture

Les entreprises de la grande région montréalaise se disent ouvertes à l’embauche d’immigrants et à leur progression dans des postes de cadres, mais cette ouverture ne se traduit pas dans les faits.

Une étude réalisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, dévoilée mercredi à l’occasion de l’ouverture du Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec, indique que 84 % des 686 entreprises sondées se disent ouvertes à l’embauche d’immigrants (25 % «très ouvertes» et 59 % «assez ouvertes»).

Pourtant, plus du tiers (35 %) de ces entreprises n’embauchent aucun immigrant dans l’établissement, alors que près du quart (23 %) n’en ont qu’un ou deux.

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Chez les cadres, la situation est encore plus tranchée alors que près des trois quarts (73 %) des entreprises n’ont aucun cadre immigrant, 13 % en ont un seul et 11 % en ont deux ou plus.

L’étude démontre clairement non seulement la sous-représentation des immigrants dans les postes de cadres, mais aussi que les entreprises en sont bien conscientes: ainsi, on note que les immigrants représentent 14 % des cadres dans les entreprises sondées, mais que celles-ci avouent que 38 % de leurs employés immigrants seraient qualifiés pour le devenir.

Un des éléments qui explique cette sous-représentation est l’absence totale de politique ou d’activité pour favoriser l’embauche d’immigrants ou leur progression au sein de l’entreprise dans 86 % des firmes.

Aussi, les données démontrent clairement que les immigrants ont dès le départ des obstacles importants à franchir pour avoir accès à l’emploi: le taux de chômage parmi cette population est de 18,5 % dans la région de Montréal, soit le plus élevé au Canada pour ce groupe, et les immigrants ne forment que 18 % de la main-d’oeuvre des entreprises sondées, alors qu’ils représentent 27 % de la population active.

Sans surprise, la seule corrélation qui a pu être établie avec le taux de cadres immigrants est la présence d’immigrants parmi les dirigeants de l’entreprise.

Parmi les facteurs qui freinent l’embauche d’immigrants dans des postes de cadres, la maîtrise limitée du français vient au premier rang (22 %), suivie d’une maîtrise limité de l’anglais des affaires (10 %) et des barrières culturelles et de la difficulté d’intégration (7 %).

L’étude note un biais culturel à ce chapitre, puisque «les immigrants correspondant à certains profils auraient plus de chances de décrocher un emploi de cadre, soit ceux qui ont une culture proche de la culture québécoise – c’est-à-dire les Français, les Européens et les Américains – car ils s’adaptent plus facilement et intègrent plus rapidement les façons de faire en matière de style de gestion».

Malgré tout, dans parmi l’ensemble des employeurs qui ont des immigrants en emploi, ces derniers sont vus comme étant tout aussi qualifiés et motivés, sinon plus, que les autres travailleurs de l’entreprise dans des proportions variant de 71 à 77 %.

L’étude identifie des pistes de solution pour améliorer l’intégration des immigrants, soulignant qu’il s’agit d’un bassin d’employés dont le milieu des affaires ne peut se passer.

Parmi celles-ci, elle suggère de mieux outiller les travailleurs immigrants pour occuper des fonctions de cadres, notamment par la formation pour une maîtrise avancée du français et une connaissance fonctionnelle de l’anglais des affaires, le réseautage, le mentorat et les parrainages à l’interne.

Elle encourage également l’implantation d’une politique de diversité en entreprise pour faciliter l’intégration des travailleurs immigrants et leur ascension à des postes de cadres et la sensibilisation des gestionnaires face à la nécessité d’établir un lien de confiance avec les employés immigrants, notamment par le biais d’activités sociales pour favoriser les échanges dans un contexte moins officiel.

Source : La Presse Canadienne

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