Le président ouzbek serait décédé

Deux diplomates étrangers, un kirghiz et l’autre afghan, ont indiqué vendredi que l’Ouzbékistan célébrera les funérailles du président Islam Karimov samedi.

Les dirigeants ouzbeks ont simplement dit que l’homme fort de 78 ans est gravement malade.

Le diplomate afghan a confié à l’Associated Press que le président Ashraf Ghani assistera aux funérailles de M. Karimov samedi. Le diplomate kirghiz a dit à l’AP que le premier ministre du pays a été invité à la cérémonie.

En Turquie, le premier ministre Binali Yildrim a offert ses condoléances au peuple ouzbek pour la mort de M. Karimov, mais on ne sait pas comment il a été informé de son décès. Un porte-parole du Kremlin a dit n’avoir aucune confirmation de la mort du président ouzbek.

Le gouvernement de l’Ouzbékistan a annoncé vendredi que le président est dans un état critique, après une semaine de rumeurs selon lesquelles celui qui dirige le pays depuis 27 ans serait à l’article de la mort.

Le communiqué gouvernemental précise que la santé de M. Karimov s’est « grandement détériorée » au cours des 24 dernières heures.

Sa fille, Lola Karimova, avait précédemment révélé qu’il avait été terrassé par une hémorragie cérébrale.

M. Karimov dirige cette république du centre de l’Asie avec une main de fer depuis 1989, quand l’ex-président soviétique Mikhail Gorbatchev l’avait nommé patron du parti communiste de la république. Il en est devenu le président en décembre 1991, quelques jours seulement après l’implosion de l’Union soviétique.

Un site d’information bien connu en Asie centrale, Fergana.ru, a diffusé vendredi des photos prises à Samarkand, la ville natale du président, et qui montrent des fossoyeurs creusant apparemment une tombe dans le cimetière historique où la famille Karimov est enterrée.

On craint maintenant que l’Ouzbékistan ne plonge dans une longue période d’incertitude alors que différents clans se disputeront le pouvoir, une situation que pourraient exploiter des islamistes affiliés aux talibans, à Al-Qaïda et à Daech (le groupe armé État islamique).

Une blogueuse de l’opposition ouzbèke, Nadezha Atayeva, a dit à l’Associated Press vendredi que les autorités semblent restreindre les communications depuis l’annonce de vendredi. Les dirigeants auraient reçu ordre d’éteindre leurs téléphones, la vitesse d’internet a été grandement réduite et les journalistes qui veulent se rendre à Samarkand ont besoin d’une autorisation préalable. L’aéroport de la ville a aussi été fermé.

La Constitution ouzbèke prévoit que le président du Sénat succède au président en cas de décès. Le président actuel du Sénat serait toutefois un politicien faible et sans envergure qui ne représentait aucune menace pour le président.

Le premier ministre Shavkat Mirziyoyev et son adjoint Rustam Azimov seraient les successeurs les plus probables du président, mais ce dernier n’a jamais accordé publiquement sa faveur à l’un d’eux.

Source : Associated Press

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