Le premier ministre cambodgien menace d’«éliminer» ses opposants

L’inamovible premier ministre cambodgien Hun Sen a encore durci le ton lundi, malgré les appels internationaux à davantage de dialogue politique dans son pays, promettant d’« éliminer » ses opposants s’ils poursuivent leur plan d’organiser une grande manifestation.

Opposants en exil pour fuir des poursuites judiciaires, commentateur politique critique du pouvoir assassiné : en quelques mois le climat politique s’est fortement tendu au Cambodge.

Hun Sen

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Dernier épisode en date : Kem Sokha, l’un des meneurs de l’opposition cambodgienne a été condamné le 9 septembre à cinq mois de prison dans une affaire considérée comme politique par les défenseurs des droits de l’homme. Cela fait déjà plusieurs mois que l’homme est retranché dans le quartier général de son parti, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) pour éviter d’être arrêté.

Depuis, l’opposition menace de rassembler ses partisans pour une grande manifestation si le pouvoir cherche à l’interpeller.

« Ne me menacez pas avec des manifestations », a lancé Hun Sen lors d’un long discours, dont il est familier, à l’occasion d’une remise de diplôme dans une université de Phnom Penh.

« Ce n’est pas un avertissement que je vous envoie, mais bien plus que cela. L’ordre a été donné d’éliminer tous ceux qui veulent détruire la sécurité et la paix sociale », a-t-il ajouté, demandant à la communauté internationale de rester à l’écart des affaires intérieures du Cambodge.

La semaine passée, 36 États, dont les 28 membres de l’Union européenne et les États-Unis, ont publié une déclaration conjointe disant qu’ils étaient « profondément préoccupés » par l’escalade actuelle des tensions au Cambodge.

Ils ont également appelé à un dialogue politique et le gouvernement à « assurer le plein respect des droits de l’homme, y compris les libertés d’expression, d’association et de réunion ».

D’après l’ONG Human Rights Watch, qui estime qu’Hun Sen utilise « toutes les combines possibles pour neutraliser l’opposition », deux députés de l’opposition sont actuellement en prison et au moins dix font face à des poursuites judiciaires.

Le pays dirigé depuis 31 ans par Hun Sen doit organiser l’an prochain des élections locales avant des législatives en 2018. Les premières depuis celles que l’opposition l’accuse d’avoir volées en 2013.

Le premier ministre est accusé de bafouer les droits les plus élémentaires pour maintenir son emprise sur le pouvoir, au côté d’un petit clan d’alliés devenus très riches.

Source : AFP

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