La police égyptienne dit avoir identifié les meurtriers de l’Italien Regeni

La police égyptienne a affirmé jeudi avoir identifié les meurtriers d’un étudiant italien, Giulio Regeni, deux mois après sa disparition au Caire, indiquant avoir tué les quatre membres d’un gang criminel chez qui on a retrouvé son passeport et ses effets personnels.

Giulio Regeni

Giulio Regeni

M. Regeni avait disparu le 25 janvier en plein coeur du Caire, et son corps avait été retrouvé 9 jours plus tard en bordure d’autoroute dans la banlieue de la capitale, atrocement mutilé et torturé.

Depuis, la presse italienne et les milieux diplomatiques occidentaux en Egypte soupçonnent ouvertement ou en aparté des membres des services de sécurité de l’avoir enlevé et torturé à mort. Ce que le gouvernement égyptien démentait avec force, promettant à Rome une «enquête transparente» et «toute la vérité» sur la mort de ce doctorant de 28 ans de l’université britannique de Cambridge, qui effectuait un mémoire sur les syndicats ouvriers en Egypte.

Jeudi, le ministère de l’Intérieur avait dans un premier temps annoncé avoir tué «dans un échange de tirs» tous les membres d’un gang «qui s’était spécialisé dans l’enlèvement d’étrangers pour les voler, en se faisant passer pour des officiers de police».

Un second communiqué, accompagné de photos, affirme que la police a retrouvé chez la soeur d’un des membres de ce gang «un sac rouge (…) contenant un portefeuille en cuir, un passeport au nom de Giulio Regeni (né en 1988), sa carte de l’université américaine (du Caire) avec sa photo personnelle, sa carte de l’université de Cambridge».

La femme d’un des membres du gang a «avoué que ce sac appartenait à son mari», ajoute le communiqué.

M. Regeni avait disparu le jour du 5e anniversaire de la révolte populaire de 2011 qui mit fin au régime de Hosni Moubarak, alors qu’un important dispositif policier était déployé à travers la capitale, les autorités réprimant toute manifestation de l’opposition.

Selon l’autopsie, le jeune étudiant a subi de nombreuses fractures, des coups répétés, des chocs électriques aux parties génitales, et des brûlures.

L’affaire empoisonne les relations entre l’Egypte et l’Italie. Les autorités italiennes ont plusieurs fois prévenu l’Egypte que l’amitié entre les deux pays était en jeu. Et le Parlement européen avait adopté le 10 mars une résolution demandant lui aussi la «vérité» sur l’assassinat de Giulio Regeni.

AFP

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