France: des milliers de manifestants contre la réforme du droit du travail

Dans plusieurs villes de France, des lycéens et des ouvriers manifestent mercredi contre le projet de réforme du droit du travail.

Des lycées bloqués et des manifestations à Paris et dans plusieurs villes: la fronde contre le projet de réforme du droit du travail se traduisait mercredi dans la rue, au cours d’une journée marquée aussi par des perturbations dans les transports.

A la mi-journée, plusieurs milliers de personnes défilaient en direction du ministère du Travail à l’appel des syndicats CGT, Force ouvrière (FO), FSU et Solidaires. « Loi Travail: non merci ! » Leur slogan reprenait le titre d’une pétition en ligne contre ce projet, ayant recueilli plus d’un million de signatures.

« On demande le retrait (du projet). Plus que jamais, il faut remettre les compteurs à zéro pour un code du travail qui protège vraiment les salariés », a lancé en tête du cortège le numéro un de la CGT, Philippe Martinez. « On rentre dans un bras de fer dont personne ne connaît l’issue », a renchéri Jean-Claude Mailly (FO).

Lycées bloqués

Les manifestants devaient rejoindre la place de la République où un rassemblement était prévu à 14 heures à l’appel d’organisations de jeunesse, soutenues par des organisations politiques de la jeunesse de gauche et des syndicats.

Un cortège de lycéens et étudiants, parti de la place de la Nation à Paris, avait déjà rejoint peu avant 13 heures la place de la République en scandant « El Khomri, t’es foutue, la jeunesse est dans la rue » et en lançant des oeufs, des fumigènes et des pétards.

Une centaine de lycées, dont une quarantaine en Ile-de-France, ont fait l’objet d’un blocage, total ou filtrant, selon l’Union nationale lycéenne (UNL), un des principaux syndicats de lycéens.

L’ombre du CPE

Beaucoup évoquent la révolte contre le « contrat première embauche » (CPE), il y a dix ans, qui avait fait plier l’exécutif sur ce contrat destiné aux moins de 26 ans assorti d’une période d’essai particulièrement longue.

Des rassemblements étaient aussi prévus en régions. A Rouen, plusieurs milliers de manifestants (4500 selon la police) s’étaient rassemblés en fin de matinée. Ils étaient environ 5000 à Marseille, selon la préfecture.

loi

La contestation contre la loi Travail se cristallise sur la réforme du licenciement économique et le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif. Deux mesures perçues comme des concessions au patronat.

Le front syndical est néanmoins fissuré: les syndicats « réformistes » (CFDT, CFE-CGC, CFTC, Unsa) et la Fage (étudiants) préfèrent des rassemblements distincts le 12 mars. Plutôt qu’un retrait du texte, ils demandent « de profondes modifications », comme l’a répété mercredi le patron de la CFDT, Laurent Berger, sans écarter la possibilité d’un « conflit social » si le gouvernement ne bouge pas.

ATS

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