Elon Musk veut établir une «ville» sur Mars

Le milliardaire visionnaire Elon Musk, fondateur de la société SpaceX, a présenté mardi un plan ambitieux pour établir une «ville» sur Mars, en envoyant des humains à bord de grands vaisseaux équipés de cabines, au prix de 100.000 dollars par personne.

S’exprimant sous un globe de la planète rouge, à l’occasion du 67e Congrès international de l’astronautique (IAC) à Guadalajara, dans l’ouest du Mexique, M. Musk a exposé sa vision d’un énorme vaisseau qui enverra, au cours de ce siècle, des hommes et des femmes sur Mars.

Elon Musk

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«Nous devons aller avec des missions exploratoires jusqu’à la construction d’une ville» a-t-il expliqué devant quelques milliers de personnes.

Le milliardaire a projeté une vidéo futuriste où sont présentés ses projets: un transport interplanétaire via des fusées réutilisables, une base fabriquant du carburant sur Mars et un millier de vaisseaux en orbite, transportant chacun 100 personnes.

Chaque vaisseau spatial sera équipé d’un restaurant, de cabines, de jeux adaptés à l’absence de gravité et de films.

«Il faut que ça soit fun et excitant. Il ne faut pas que ça soit inconfortable et ennuyeux», a-t-il dit.

Le premier vol sera cher mais l’objectif est de «faire que cela soit abordable à presque tous ceux qui veulent y aller», en ramenant peu à peu le prix du ticket à 100 000 dollars, a annoncé Elon Musk.

Une puissante fusée sera également nécessaire pour envoyer dans l’espace des millions de tonnes de matériel et d’approvisionnement.

Le milliardaire a indiqué que sa société travaillait dans ce but à «une version élargie du Falcon 9», le vaisseau actuel de SpaceX, capable de se poser verticalement.

Cet entrepreneur de 45 ans d’origine sud-africaine, qui a fait fortune avec internet et réinvesti dans les voitures électriques et le transport spatial, a indiqué que son plan d’établissement d’une colonie sur Mars nécessite un «immense partenariat public-privé».

SpaceX projette toujours d’envoyer vers Mars sa capsule inhabitée Dragon en 2018, ce qui devrait ouvrir la voie à un vol habité en 2024, arrivant sur la planète rouge l’année suivante.

La réduction des coûts sera aussi un facteur clé pour établir une colonie sur Mars, a souligné Musk.

Pour ce faire, la fusée mettra en orbite un vaisseau spatial, avant de retourner sur Terre pour chercher un réservoir de carburant qui servira à mener ensuite le vaisseau jusqu’à Mars.

Une fois sur Mars, les humains devront y construire une usine produisant du carburant à partir des ressources en méthane de la planète rouge, ce qui permettra au vaisseau de retourner sur terre.

«Objectifs agressifs»

Mais pour les experts, atteindre Mars – qui se trouve à une distance de 225 millions de kilomètres de la Terre – et y vivre, nécessitera une véritable prouesse technique et un budget immense.

«Il est improbable que (Musk) soit capable d’amener des humains sur Mars en 2025» estime John Logsdon, ancien directeur de l’Institut de politique spatiale de l’Université George Washington, tout en rappelant que Elon Musk a déjà péché par excès d’optimisme dans le passé concernant ses lanceurs.

«Avant tout, il y a un problème de coût. On parle de dizaines de milliards de dollars et SpaceX n’a pas cet argent», selon l’expert.

Le spationaute à la retraite, Leroy Chiao, note que Musk «a constitué un groupe d’experts techniques et opérationnels, et que SpaceX a généré des recettes à partir de lancements de fusées».

«Elon Musk se fixe des objectifs agressifs, et même s’il ne parvient pas toujours à les atteindre, normalement il est capable de le faire. Je dirais que c’est possible», a-t-il indiqué à l’AFP.

SpaceX n’est pas la seule société à rêver d’envoyer des humains sur Mars. La NASA a annoncé ses propres projets pour envoyer des hommes sur Mars dans la décennie 2030.

Blue Origin, fondée par le directeur d’Amazon, Jeff Bezos, a révélé ce mois-ci ses plans pour construire une énorme fusée baptisée New Glenn.

«Nous voulons que des millions de personnes vivent et travaillent dans l’espace au cours des prochaines décennies si elles le souhaitent», a déclaré à l’AFP Rob Meyerson, président de Blue Origin.

Blue Origin est en compétition avec la société Virgin Galactic du millionnaire britannique Richard Branson qui veut lui aussi proposer des voyages touristiques dans l’espace et a présenté ce mois-ci un vaisseau spatial équipé d’ailes.

SpaceX et Blue Origin ont développé des fusées pouvant atterrir verticalement, un facteur clé pour réduire le coût des futurs voyages dans l’espace.

Le 1er septembre, SpaceX avait connu un nouvel incident de son lanceur Falcon 9 lors d’un essai au sol, quinze mois après une première explosion d’une de ses fusées au décollage, un sérieux revers pour la société californienne du milliardaire visionnaire.

Source : AFP

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