Elections américaines : Trump et Sanders gagnent les primaires du New Hampshire

AFP – Portés par la colère d’une partie des électeurs américains, le républicain Donald Trump et le démocrate Bernie Sanders ont largement remporté mardi les primaires présidentielles du New Hampshire, Hillary Clinton essuyant une première défaite cuisante, dans une campagne imprévisible.

Mme Clinton était donnée perdante dans le New Hampshire, mais espérait combler au moins partiellement l’écart.

Mais Bernie Sanders, le sénateur démocrate socialiste de 74 ans qui promet une révolution politique, a obtenu 58% des voix contre 40% pour Mme Clinton, qui avait gagné l’État en 2008, selon des résultats partiels des télévisions portant sur 18% des votes.

Donald Trump, le milliardaire de l’immobilier dénonçant l’incompétence des dirigeants politiques à coup de déclarations incendiaires, a obtenu 35% des voix républicaines, selon des résultats portant sur 14% des votes.

John Kasich, gouverneur républicain modéré de l’Ohio, a créé la surprise en arrivant deuxième, alors que le sénateur de Floride Marco Rubio s’est effondré en 5e position, à 10% des voix. L’ancien gouverneur de Floride Jeb Bush est au coude à coude avec le sénateur ultra-conservateur du Texas Ted Cruz à 12% des voix.

Le tout petit New Hampshire (1,3 million d’habitants) était le deuxième État américain à voter, huit jours après l’Iowa, dans le long processus, État par État, qui va permettre de désigner cet été les deux candidats, démocrate et républicain, à la Maison-Blanche. Mme Clinton ne l’avait emporté que d’un cheveu dans l’Iowa.

M. Trump, qui promet de «redonner à l’Amérique sa grandeur», y était arrivé deuxième, en dépit des sondages qui le donnaient en tête. Il lui fallait effacer cette humiliation et montrer dans le New Hampshire mardi qu’il était bien l’homme «qui gagne» comme il le répète à l’envi.

Sa campagne a capitalisé sur la colère des Américains blancs modestes se sentant laissés pour compte. Bernie Sanders, grand pourfendeur de Wall Street, et des liens de Mme Clinton avec la finance, a lui aussi utilisé cette colère, dénonçant les inégalités qui se sont creusées aux États-Unis, plaidant pour l’université gratuite et une assurance maladie pour tous.

«Oui beaucoup de gens sont en colère», avait déclaré lundi M. Trump dans l’une de ses dernières réunions électorales. «Il n’y a rien de mal à être en colère. Les gens sont en colère face à la stupidité de notre gouvernement et à la faiblesse totale de nos dirigeants», avait-il ajouté.

En dépit de la neige et du froid, la participation a été très importante. Plusieurs bureaux de vote n’ont pas pu fermer comme prévu à 19h00 en raison de l’affluence.

L’État du New Hampshire est très important de par sa deuxième place dans le processus des primaires présidentielles américaines: c’est lui qui donne une tendance, contraint souvent les plus faibles à l’abandon, et sauve parfois des campagnes mal parties.

Après le vote de mardi, la bataille des primaires est assurée de durer, tant chez les républicains que chez les démocrates.

Les cartes pourraient encore être rebattues, si l’ancien maire de New York Michael Bloomberg décide, comme il l’a envisagé, de se lancer comme indépendant.

Majorité silencieuse 

Selon des sondages sortis des urnes réalisés par les grandes chaînes de télévision américaines, près de la moitié des électeurs républicains et un quart des démocrates n’ont pris leur décision que ces derniers jours.

La moitié des républicains ont dit se sentir trahis par leur parti. 48% ont dit préférer un candidat qui ne fasse pas partie de l’establishment et 11% seulement ont pris en compte «l’éligibilité» de leur candidat lors de l’élection présidentielle de novembre.

Les jeunes femmes démocrates semblent avoir aussi largement voté pour Bernie, plutôt que pour celle qui espère devenir la première femme présidente des États-Unis. Elle avait ces derniers jours reçu le soutien sur le terrain de son mari, l’ancien président Bill Clinton, qui avait vivement critiqué Bernie Sanders.

Parmi les soucis principaux des électeurs républicains, l’économie et le terrorisme.

Côté démocrate, 32% ont mis en avant leur désir d’un candidat honnête. Seulement 13% ont pensé à l’éligibilité de leur candidat selon ces sondages à la sortie des urnes.

Les regards vont désormais se tourner vers le Nevada et la Caroline du Sud, prochains États à voter fin février.

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