Donald Trump dément toute compromission avec la Russie

Donald Trump a assuré mercredi à New York que les notes de renseignement faisant état de dossiers russes le compromettant étaient une «chose inventée» par ses adversaires.

M. Trump a dénoncé les fausses informations sur son compte diffusées dans certains médias américains.

Il s’en est une nouvelle fois pris aux services de renseignement américains, qui ont, selon lui, « peut-être » fait fuiter ces documents dans la presse.

« Peut-être les services de renseignement, ce qui serait une tache sur leur réputation », a-t-il déclaré. « Tout est faux », a-t-il martelé.

« Cela n’aurait jamais dû être diffusé », a-t-il aussi dit. « C’est une honte ».

Si le président Poutine m’apprécie, « c’est un atout », a-t-il aussi affirmé, tout en admettant pour la première fois explicitement le rôle de la Russie dans le piratage des messages de responsables du Parti démocrate d’Hillary Clinton. « Je pense que c’était la Russie », a-t-il dit.

Pour cette première conférence de presse depuis juillet, devant au moins 250 journalistes accrédités dans le hall de la Trump Tower à New York, il a pris le contre-pied de ses dénonciations habituelles en remerciant les médias qui ont refusé de publier ces notes à l’authenticité incertaine.

La publication dans les médias américains de notes de renseignement faisant état de dossiers russes sur Donald Trump est « scandaleuse et irresponsable », a déclaré mercredi à New York le porte-parole du président désigné.

« Il est scandaleux et irresponsable de la part d’un organe de presse de gauche ouvertement hostile au président désigné (Buzzfeed, NDLR) de balancer sur l’internet de telles informations hautement nocives et totalement fausses à quelques jours de sa prise de fonction », a déclaré Sean Spicer, juste avant la conférence de presse très attendue de M. Trump.

Le coût de construction du mur remboursé par le Mexique

Les contribuables américains financeront le budget de construction du mur frontalier entre les États-Unis et le Mexique, mais Mexico remboursera ensuite ce coût, a assuré Donald Trump.

« J’aurais pu attendre un an et demi environ que nous finissions nos négociations avec le Mexique, que nous lancerons immédiatement après ma prise de fonction, mais je ne veux pas attendre », a justifié M. Trump au sujet de l’une de ses promesses de campagne les plus emblématiques.

Celui qui deviendra dans quelques jours le 45e président des États-Unis a affirmé dès le début de son entretien avec la presse qu’il sera « le plus grand créateur d’emplois que Dieu ait jamais créé ».

« Nous allons créer des emplois. J’ai dit que j’allais être le plus grand créateur d’emplois que Dieu ait jamais créé. Je le pense vraiment », a relevé M. Trump, depuis sa tour new-yorkaise sur la 5e avenue, après avoir cité plusieurs groupes ayant pris des engagements concernant leurs activités aux Etats-Unis. « Il y a une atmosphère fantastique en ce moment, une atmosphère que beaucoup de gens me disent n’avoir jamais vue auparavant ».

Au lendemain des adieux de Barack Obama, les projecteurs se braquent vers Donald Trump qui répond aux questions des journalistes après la publication de documents potentiellement explosifs sur ses liens avec Moscou.

Le rendez-vous, fixé à 11 h dans la Trump Tower, au coeur de Manhattan, a débuté avec quelques minutes de retard. C’est dans ce même bâtiment de verre qu’il avait lancé, le 16 juin 2015, sa candidature après une descente d’escalier roulant désormais célèbre.

Plusieurs médias américains ont fait état mardi soir d’un document de 35 pages contenant des informations compromettantes qui accréditent l’hypothèse de liens entre l’entourage de Donald Trump et le pouvoir russe.

Mais le Kremlin a assuré mercredi ne pas avoir de « dossiers compromettants » sur le président désigné et qualifié les accusations des chefs du renseignement américain de « falsification totale » destinée à saper les relations avec Washington.

Ces informations, malgré de nombreuses zones d’ombre, ont provoqué le trouble à Washington, et notamment au Congrès.

« Chasse aux sorcières »

« Fausses informations – une chasse aux sorcières totale! » a réagi le milliardaire sur Twitter.

De son côté, Moscou a dénoncé « une falsification totale ». « La fabrication de tels mensonges est une tentative évidente de faire du tort à nos relations bilatérales » avant l’investiture de Donald Trump, favorable à un rapprochement avec Moscou, a assuré le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov.

Les notes détaillent notamment des informations sur des échanges de renseignements supposés pendant plusieurs années entre Donald Trump, ses proches et le Kremlin, dans les deux directions.

En plein bras de fer avec les services de renseignement au sujet du piratage informatique présumé par Moscou de la présidentielle américaine, M. Trump a martelé ce week-end que « seuls les imbéciles » pouvaient penser qu’avoir « une bonne relation avec la Russie était (…) une mauvaise chose ».

Selon un sondage Quinnipiac University publié mardi, 51 % des électeurs désapprouvent (contre 31 % qui approuvent) la façon dont il remplit son rôle de président désigné. Et une majorité d’entre eux jugent qu’il devrait mettre fin à ses tweets.

Grand oral de Rex Tillerson

Le président désigné, qui n’a pas participé à une véritable conférence de presse depuis fin juillet, devait initialement se plier à l’exercice le 15 décembre pour s’exprimer sur le devenir de son empire immobilier, mais avait annulé le rendez-vous.

« Même si la loi ne m’y oblige pas, je vais abandonner mes affaires avant le 20 janvier pour pouvoir me concentrer sur la présidence », avait-il alors tweeté.

Question centrale : comment le magnat de l’immobilier tracera-t-il une ligne étanche entre ses affaires et sa présidence tant sa famille a été étroitement associée à sa campagne et à la transition ?

Son groupe, Trump Organization, est une nébuleuse non cotée en Bourse, avec des activités dans 20 pays, de l’Écosse à Dubaï via les Philippines, de l’hôtellerie au mannequinat en passant par les clubs de golf et les gratte-ciel résidentiels.

La société ne publie aucun chiffre, et faute de déclarations d’impôts que le milliardaire a toujours refusé de publier, impossible de se faire une idée précise.

Le flou est tel que l’évaluation même de la fortune de M. Trump est controversée : lui-même dit 10 milliards, Forbes 3,7.

L’orientation de sa politique étrangère, sur laquelle il entretient un très grand flou, devrait être largement débattue avant même sa conférence de presse, dès mercredi matin au Sénat, alors que l’ancien patron d’ExxonMobil Rex Tillerson, désigné par Donald Trump pour prendre la tête du département d’État, passe en effet ce matin son grand oral devant la puissante commission des Affaires étrangères.

Rex Tillerson, dont les liens avec la Russie suscitent des grincements de dents au Capitole, devra convaincre qu’il peut passer des sommets de l’industrie pétrolière à la tête du premier réseau diplomatique de la planète.

Source : AFP

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Jan 11, 2017

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