Donald Trump adoucit sa position sur l’immigration

Hillary Clinton devrait dénoncer jeudi dans un discours l’appétit de Donald Trump pour les théories du complot, à l’heure où le candidat républicain tente de relancer sa campagne… et semble modérer ses positions sur l’immigration.

Le «nouveau» Trump, lancé la semaine dernière, envoie des messages contradictoires. D’une part, il a choisi comme directeur général de son équipe le patron du virulent site conservateur Breitbart, et des médias ont rapporté que l’ex-patron de Fox News, Roger Ailes, le conseillait informellement, présageant un virage à droite et une radicalisation de son discours.

Donald Trump tente notamment d'élargir sa base électorale vers la communauté noire. Photo AP

Donald Trump tente notamment d’élargir sa base électorale vers la communauté noire. Photo AP

Mais d’autre part, cédant aux pressions des ténors de son parti, le candidat utilise désormais un prompteur, lisant des discours un peu plus structurés qu’auparavant. Plus discipliné, il concentre ses prises de parole sur Hillary Clinton et des accusations de trafic d’influence via la Fondation Clinton, au lieu de s’éparpiller et de s’empêtrer dans des polémiques inutiles.

Il tente aussi d’élargir sa base électorale vers la communauté noire, avec plus ou moins de succès.

Et surtout, il a laissé entendre qu’il n’était plus favorable à l’expulsion manu militari des plus de 11 millions de clandestins vivant aux États-Unis, ce qui formait pourtant la pierre angulaire de sa candidature pendant toute la campagne des primaires.

«Il peut absolument y avoir un assouplissement», a-t-il déclaré mardi dans une émission spéciale sur Fox News.

«Il n’y aura pas d’amnistie en tant que telle. Il n’y aura pas d’amnistie», a-t-il précisé le lendemain, sur la même chaîne, «mais nous travaillons avec eux».

Il a ensuite cité des gens venus lui dire qu’«expulser une personne qui se trouve ici depuis 15 ou 20 ans, ainsi que sa famille, c’est difficile». «Nous allons annoncer une décision très bientôt», a-t-il promis.

La virevolte est spectaculaire. Les idées qu’il avance aujourd’hui – expulser les clandestins criminels en priorité, et laisser les autres rester en échange d’une amende – ressemblent à s’y méprendre aux multiples projets de réforme migratoire proposés par les républicains modérés et les démocrates depuis plusieurs années, et rejetés avec force par Donald Trump et la droite du mouvement conservateur.

Le camp Trump se démenait jeudi pour assurer qu’il n’y avait pas de changement de ligne. Mais le discours promis par Donald Trump pour clarifier son projet migratoire et mettre les points sur les «i» se fait attendre, après qu’il fut annoncé à Phoenix pour la semaine prochaine.

Source : AFP

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