Djemila Benhabib se dit victime « d’une charge politique et médiatique »

Près d’une semaine après avoir été blâmée sévèrement par le Conseil de presse du Québec pour plagiat et inexactitude, l’auteure et militante Djemila Benhabib reconnaît une certaine part d’erreur, mais croit qu’elle a fait l’objet d’une charge politique et médiatique vue l’ampleur qu’a prise la nouvelle.

« Je suis capable de faire mon autocritique, de reconnaître un certain nombre d’erreurs involontaires que j’ai commises, certainement, mais ce n’était pas de ça dont il était question », a déclaré Djemila Benhabib jeudi devant les journalistes, à Trois-Rivières. « Il y a eu une charge politique qui a été orchestrée contre moi. Il y a eu une charge médiatique qui a été orchestrée contre moi. La preuve en est la dimension [de la nouvelle] relayée de façon extrêmement insistante. »

Djemila Benhabib

Djemila Benhabib

Djemila Benhabib estime que le blâme sévère que le Conseil de presse a retenu contre elle pour des articles de blogue publiés sur Sympatico.ca est le résultat de l’acharnement contre elle de la plaignante, la journaliste indépendante Odile Jouanneau.

L’auteure et militante prétend que la plaignante l’a « traquée » pendant 10 mois sur les réseaux sociaux. Elle dit avoir répondu en mai dernier à ses accusations dans une longue lettre envoyée au Conseil de presse, dans laquelle elle faisait notamment état de sa manière de travailler.

Benhabib met en question l’éthique du Conseil de presse

Elle remet d’ailleurs en question l’éthique du Conseil de presse, parce qu’elle croit que la décision aurait dû être rendue publique avant qu’elle ne filtre dans les médias.
Djemila Benhabib déplore aussi que le Conseil de presse lui ait imposé « des critères de rigueur qu’on n’impose à aucun journaliste. » Elle estime que les médias sont « le monde de l’approximation » et qu’on lui demande « d’être meilleure que ce qu’on demande aux journalistes ».

Djemila Benhabib est une intellectuelle bien connue. Elle a reçu de nombreux prix, notamment pour ses livres Ma vie à contre-Coran et Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident. Militante pour la création d’une charte de la laïcité, elle a tenté deux fois de se faire élire sous la bannière du Parti québécois, à Trois-Rivières et à Laval, sans succès.

Une décision qui a fait des vagues

La décision du Conseil de presse dans le dossier de Djemila Benhabib a effectivement fait beaucoup de remous dans les derniers jours. La principale intéressée avait réagi sur son compte Facebook plus tôt cette semaine, dénigrant la décision et le Conseil au passage. Mercredi, la présidente du Conseil de presse du Québec, Paule Beaugrand-Champagne, avait répondu aux critiques dans une lettre ouverte, réfutant les accusations de partialité et maintenant la pertinence de la décision.

La plainte à l’origine de la décision, déposée par la journaliste indépendante Odile Jouanneau, concernait au départ neuf articles publiés entre octobre 2014 et avril 2015. Or, « devant l’ampleur qu’aurait constituée la tâche d’examiner l’ensemble des cas soumis, et d’un commun accord avec la plaignante, le Conseil a restreint son analyse à cinq articles » publiés entre décembre 2014 et avril 2015.

« Dans tous les articles analysés, le Conseil a constaté, à divers degrés, du plagiat sous la forme de passages reproduits mot à mot ou reformulés à partir de diverses sources, soit des quotidiens en ligne, des auteurs littéraires ou des chercheurs ou intellectuels », écrit le Conseil dans sa décision, obtenue en primeur par Radio-Canada.
« Dans tous les cas, les passages n’étaient pas entre guillemets, les sources n’étaient pas identifiées, et aucun lien ne menait à ces sources », poursuit-il.

La décision du Conseil de presse n’est rattachée à aucune sanction, puisqu’il s’agit d’un tribunal d’honneur.

Radio-Canada

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