Conférence de Donald Trump avec des femmes accusant Bill Clinton

À moins d’une heure du débat présidentiel, le républicain Donald Trump a provoqué un coup d’éclat en organisant une conférence de presse avec des femmes qui accusent le mari de sa rivale, l’ancien président Bill Clinton, d’agression sexuelle.

Le candidat républicain, qui est empêtré dans une controverse sans précédent depuis vendredi, est apparu devant les journalistes, dimanche soir, aux côtés de Juanita Broaddrick, Paula Jones et Kathleen Willey.

Paula Jones, qui avait conclu une entente à l’amiable de 850 000 $ avec Bill Clinton en 1998, a dit en conférence de presse que M. Trump «n’est pas celui que certains décrivent» et qu’il est «une bonne personne». Mme Jones, une ancienne employée de l’État de l’Arkansas, avait accusé M. Clinton de s’être dénudé devant elle et de lui avoir fait des propositions indécentes lorsqu’il était gouverneur.

Juanita Broaddrick, une ancienne employée de l’Arkansas, avait accusé Bill Clinton de l’avoir agressée sexuellement lors d’une rencontre à Little Rock, en 1978. Elle avait poursuivi M. Clinton en 1999, mais sa plainte avait été rejetée en 2001.

Donald Trump, qui n’a pas répondu aux questions des journalistes à la conférence de presse, est critiqué de toutes parts depuis que le Washington Post a diffusé un enregistrement audio dans lequel il profère des propos misogynes et vulgaires à l’égard des femmes. Plusieurs républicains éminents ont retiré leur appui à M. Trump et certains d’entre eux ont même demandé à ce qu’il laisse sa place à un autre candidat avant l’élection.

Loin de considérer cette avenue, M. Trump a assuré qu’il participerait au débat de dimanche soir et qu’il se présenterait comme prévu à l’élection présidentielle.

L’équipe de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton a réagi en qualifiant d’«acte désespéré» la conférence de presse. Nancy Pelosi, élue de la Chambre des représentants et ancienne présidente de la Chambre, a quant à elle estimé que cette stratégie était «en dessous de la dignité de la fonction de président».

L’organisation de Hillary Clinton est restée plutôt discrète depuis que la controverse a éclaté, vendredi après-midi. En entrevue à l’émission «State of the Union», le colistier de Mme Clinton, Tim Kaine, a déclaré que ces commentaires étaient «bien plus que des paroles» et qu’ils témoignaient du fait que M. Trump ne considère pas les femmes comme égales aux hommes.

Bien qu’elle soit en position moins vulnérable que son adversaire, Hillary Clinton se retrouve elle-même sur la sellette avec la publication d’extraits présumés de ses discours devant de grandes banques par le site Wikileaks. Mme Clinton aurait notamment dit qu’elle «rêvait de frontières ouvertes», ce qui entre en contradiction avec son opposition au Partenariat transpacifique – un cheval de bataille de son rival républicain.

Le débat entre les deux candidats à la présidence se fera sous forme d’une assemblée publique. Il sera diffusé à compter de 21 h et sera animé par l’animateur du réseau CNN, Anderson Cooper et Martha Raddatz du réseau ABC.

Source : Associated Press

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