Colombie : les Farc demandent pardon pour le meurtre de onze députés

La guérilla colombienne des Farc, qui vient de conclure un accord de paix avec le gouvernement, a demandé pardon pour le meurtre «absurde» et «honteux» de onze députés en 2007, un massacre qui a traumatisé la Colombie.

«Permettez-nous de vous demander pardon pour ces faits qui n’auraient jamais dû de produire», a déclaré le négociateur en chef des Farc Ivan Marquez, cité dans un communiqué des familles des victimes après une rencontre samedi à La Havane.

Au cours de cette rencontre avec neuf membres de ces familles, la guérilla a reconnu sa responsabilité dans le meurtre des onze députés enlevés en avril 2002 dans le département du Valle del Cauca et exécutés cinq ans plus tard.

«Nous n’allons pas nier notre responsabilité» parce que les victimes «étaient entre nos mains», a déclaré le commandant Pablo Catatumbo, présent à la rencontre. «La mort des députés est la chose la plus absurde que j’ai vécue pendant la guerre», a-t-il déclaré, parlant également de «l’épisode le plus honteux».

La rencontre a eu lieu dans une atmosphère «tendue, mais respectueuse», selon le communiqué. Les membres des familles appellent «tous les Colombiens à mettre de côté «leur douleur personnelle» et à «appuyer résolument la recherche de la paix».

Les familles ont dit attendre des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) qu’elles disent toute la «vérité» sur les faits et «leurs auteurs» et qu’elles demandent expressément pardon à l’ancien député Sigifredo Lopez, unique survivant du massacre et libéré en 2009.

Dans le cadre des accords de paix, négociés pendant près de quatre ans, les Farc se sont engagées à reconnaître leurs crimes, à demander pardon, à dire la vérité sur ce qui s’est passé et à donner réparation aux victimes. Les guérilleros en cause pourront être dans le cas contraire condamnés à des peines allant jusqu’à vingt ans de prison.

Vendredi, le parquet colombien avait annoncé que des guérilleros des Farc avaient demandé pardon pour les meurtres de deux leaders de la communauté afro-colombienne, commis en 2012 et 2015 et pour lesquels ils ont été inculpés.

Pour entrer en vigueur, les accords de paix conclus fin août doivent être signés ce mois-ci, puis approuvés par référendum, une consultation prévue pour le 2 octobre.

En plus d’un demi-siècle, le conflit colombien, qui a impliqué guérillas, paramilitaires et forces armées, a fait au moins 260 000 morts et provoqué la disparition de 45 000 personnes ainsi que le déplacement de 6,9 millions d’habitants.

Source : AFP

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