Colombie : L’accord de paix avec les Farc rejeté par les colombiens

Les Colombiens ont voté dimanche, sans incident, sur la paix avec la guérilla des Farc, lors d’un référendum dont l’issue conditionne l’entrée en vigueur de cet accord historique visant à mettre fin à 52 ans d’un conflit sanglant. L’accord de paix a été rejeté au terme de ce vote.

Causant la surprise, une majorité de Colombiens a rejeté dimanche l’accord de paix avec la guérilla des Farc lors d’un référendum au résultat serré, mais dont les résultats quasi-définitifs mettent en cause ce texte visant à terminer 52 ans de conflit.

Malgré ces résultats, les Farc ont réaffirmé dimanche soir leur engagement en faveur du dialogue.

Sur 99,69% des bulletins de vote dépouillés, le Non s’imposait à 50,23% devant le Oui à 49,76%, à peine une heure après la clôture des bureaux de vote de ce scrutin crucial, pour lequel la participation a été de 37,28%.

Près de 34,9 millions d’électeurs étaient appelés à répondre par Oui ou par Non à la question: «Soutenez-vous l’accord final d’achèvement du conflit et de construction d’une paix stable et durable?», titre du document de 297 pages issu de près de quatre ans de pourparlers, délocalisés à Cuba.

Le Oui a recueilli quelque 6,3 millions de voix, soit bien au-delà du minimum de 4,4 millions de voix requis (13% de l’électorat). Mais pour l’emporter, il devait dépasser le Non qui a en fait atteint les 6,4 millions.

Le référendum, non obligatoire, avait été voulu par le président Juan Manuel Santos afin de donner la «plus large légitimité» possible à l’accord qu’il a signé le 26 septembre avec le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre Timoleon Jiménez ou Timochenko.

Ils entendaient ainsi mettre fin à la plus ancienne confrontation armée des Amériques qui, au fil des décennies, a impliqué diverses guérillas d’extrême gauche, des milices paramilitaires d’extrême droite et les forces de l’ordre, faisant plus de 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

Le gouvernement a plusieurs fois déclaré ne pas avoir de plan B en cas d’échec du Oui et il a, comme les Farc, écarté toute éventualité de renégociation de l’accord. Lors d’un entretien à l’AFP en septembre, M. Santos avait même averti que si le Non l’emportait, les guérilleros «retournent dans la jungle».

Résultat à l’opposé des sondages

Ce rejet était inattendu, plusieurs sondages donnant depuis des semaines le Oui largement en tête. Il enregistrait ainsi 55% des intentions de vote selon l’institut Datexco et 66% selon Ipsos Napoleon Franco, dans les derniers sondages autorisés, effectués avant la signature de l’accord.

L’accord visait à ce que les Farc, nées en 1964 d’une insurrection paysanne et qui comptent encore 5765 combattants, se convertissent en parti politique après avoir remis leurs armes à l’ONU, qui a déjà vérifié la destruction samedi de 620 kg d’explosifs.

Source : AFP

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