Bruxelles : L’ADN du dernier complice identifié retrouvé sur du matériel explosif

Trois jours après l’arrestation du suspect-clé Salah Abdeslam, l’enquête sur les attentats de Paris a franchi un nouveau pas lundi avec l’identification d’un complice présumé, Najim Laachraoui, dont l’ADN a été retrouvé sur du matériel explosif utilisé le 13 novembre.

Laachraoui avait également été contrôlé dans une voiture le 9 septembre, sous sa fausse identité de Soufiane Kayal. PHOTO FOURNIE PAR LA POLICE BELGE, AFP

Laachraoui avait opté pour la fausse identité de Soufiane Kayal. Photo de la police Belge

Le procureur de Paris François Molins devait donner une conférence de presse à Bruxelles à 15 h (10 h, heure de Montréal) avec le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw.

Les deux magistrats devraient être interrogés sur ces nouveaux éléments, ainsi que sur la mise en oeuvre du mandat d’arrêt européen en vertu duquel Abdeslam devrait être remis à la France dans un délai maximum de trois mois.

Désormais «activement recherché», a précisé le parquet fédéral belge en annonçant cette identification, Najim Laachraoui, né le 18 mai 1991 et parti en Syrie en février 2013, était connu jusqu’à présent sous la fausse identité de Soufiane Kayal.

C’est sous ce faux nom qu’avait été louée à Auvelais, près de Namur, une maison utilisée pour préparer les attentats qui ont fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés.

«Des traces ADN de Laachraoui Najim ont été retrouvées dans la maison louée à Auvelais, ainsi que dans l’appartement de la rue Henri Bergé à Schaerbeek , qui auraient été utilisés par le groupe terroriste», a souligné le parquet fédéral dans un communiqué.

Cet homme de 24 ans pourrait avoir aidé à confectionner les ceintures d’explosif. Son ADN a également été retrouvé sur «du matériel explosif utilisé lors des attaques», a indiqué à l’AFP une source proche de l’enquête, confirmant une information de la chaîne française iTELE.

Le 9 septembre 2015, deux mois avant les attaques, Laachraoui avait également été contrôlé à bord d’une Mercedes le 9 septembre à la frontière austro-hongroise en compagnie de Salah Abdeslam et de Mohamed Belkaïd, un Algérien de 35 ans abattu par la police mardi dans la commune bruxelloise de Forest.

Les enquêteurs soupçonnent Laachraoui et Belkaïd d’avoir été en liaison téléphonique avec certains des kamikazes le soir des attaques.

Il y a, selon les enquêteurs, une «forte probabilité» pour que Belkaïd ait été le destinataire du texto disant «On est parti, on commence», envoyé à 21 h 42 le 13 novembre par un des kamikazes du Bataclan à un téléphone localisé en Belgique. Un autre numéro belge avait appelé ce soir-là Abdelhamid Abaaoud, l’organisateur présumé des attaques, depuis le même endroit à Bruxelles.

Le 17 novembre, les deux visages de Belkaïd et Laachraoui avaient été captés par les caméras de surveillance dans une agence Western Union, où la fausse carte d’identité du premier a été utilisée pour faire un virement de 750 euros (1100 $) à Hasna Aït Boulahcen, la cousine d’Abaaoud, afin qu’elle lui trouve une planque en région parisienne.

AFP

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