50 sociétés de 20 pays participent à l’armement de l’Etat islamique

L’Etat islamique peut compter sur 50 sociétés de 20 pays pour s’armer. Une entreprise suisse de microélectronique fait partie de la liste.

Une cinquantaine de sociétés de 20 pays sont impliquées à un degré ou un autre dans la fourniture des composants qui servent à fabriquer les bombes de l’Etat islamique, montre une étude commandée par l’Union européenne (UE). Une société suisse de microélectronique est mentionnée. Les plus de 700 composants, câbles, produits chimiques et autres utilisés par l’EI pour fabriquer des engins explosifs ont transité par 51 sociétés turques, indiennes, chinoises, brésiliennes, russes ou encore américaines, précise l’étude publiée jeudi. Elle a été réalisée par Conflict Armament Research (CAR) pour le compte de l’UE.

Ces explosifs sont désormais produits à une « échelle quasi-industrielle » par l’EI. Le groupe djihadiste utilise des composants autorisés et largement disponibles comme les engrais chimiques et les téléphones mobiles, explique le CAR. Le commerce de ces petits composants bon marché, dont certains n’ont pas besoin de licences à l’exportation, est bien moins surveillé que les transferts d’armes.

En toute légalité

Le pays le plus représenté dans la chaîne de fabrication est la Turquie, avec un total de 13 sociétés. L’Inde arrive en seconde position avec sept sociétés qui ont fabriqué l’essentiel des détonateurs et autres cordons de mises à feu. Tout ce matériel a été exporté légalement dans le cadre de licences émises en Inde à des entités au Liban et en Turquie. Par ailleurs, des transistors proviennent d’une entreprise suisse, selon l’étude. Certains composants peuvent être acquis par l’EI en moins d’un mois après leur arrivée en toute légalité chez ses fournisseurs dans la région.

Systèmes de comptabilité

Selon James Bevan, directeur exécutif de CAR, inciter les fournisseurs à avoir des systèmes de comptabilité efficaces pour établir le lieu de destination des marchandises aurait un effet dissuasif. Il précise que le gouvernement turc a refusé de coopérer avec CAR, de sorte que le groupe n’a pas pu déterminer l’efficacité de la législation turque sur le suivi des composants.

ATS

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