Face à Pékin, la marque Lancôme s’autocensure

Encore une marque qui cède sous la pression de la censure. Lancôme à Hong Kong, filiale de L’Oréal, a annulé le concert de la pop star , Denise Ho, qui lutte pour les libertés politiques à Hong Kong.

L’affaire provoque une grande polémique en Chine. Selon Lancôme, l’annulation de cette représentation, qui était prévue dimanche, a été décidé pour des « raisons de sécurité ». Dans un article du South China Morning Post relayé par Rue89, cette justification n’a pas convaincu de nombreux observateurs, dont l’artiste .

Denise Ho est, en effet, engagée en faveur des libertés, et ce, depuis plusieurs années. Elle ne cesse de dénoncer les dérives du pouvoir de Pékin et a même été arrêtée , en 2014, durant la «  Révolution des parapluies », un mouvement réclamant la fin de la main mise de la Chine continentale sur l’élection du chef de l’exécutif hongkongais, souligne le site 20 Minutes. Et en mai 2016, la jeune femme a rencontré le dalaï-lama, une personnalité détestée par Pékin.

L’interpellation de Denise Ho en décembre 2014 - Photo SIPA

L’interpellation de Denise Ho en décembre 2014 – Photo SIPA

Pour faire annuler le concert de Denis Ho, le pouvoirs en place se sont servis du quotidien chinois Global Times, appartenant au puissant parti communiste. Une campagne a été mise en place pour « interroger » les lecteurs, qui devaient donner leurs avis sur Weibo (le Twitter local) concernant le choix de cette artiste par la marque Lancôme.

Résultat de cette campagne ? Des milliers de messages appelant au boycott de la marque française. Face à ces pressions, Lancôme a cédé en annulant la représentation de Denise Ho et en refusant de s’associer à ses idées politiques.

L’artiste a réagi à cette décision via un communiqué pour exprimer « ses profonds regrets » face à la réaction de la marque française, car, selon elle, cette « marque mondiale en est réduite à s’agenouiller devant un pouvoir hégémonique et intimidant « . Elle souligne également que la décision a été prise à la demande de la maison-mère de la marque, en France. « Et si cela est vrai, il me semble que cela mérite une explication », poursuit-elle.

Cette indignation a été partagé par certains internautes qui ont manifesté leur colère sur les réseaux sociaux, appelant notamment au boycott de la Lancôme. Sur Facebook, le communiqué de presse de la marque a suscité des milliers commentaires, dont de nombreux négatifs, remarque 20 minutes. Parmi eux, un doigt d’honneur posté par Jessica Mak devant une publicité a recueilli plus de 3.000 « like » .

doigt honneur lacome

Selon Rue89, Lancôme n’est pas la première marque étrangère prise dans ce genre de tourbillon, et qui, pour sauver le marché chinois, devenu dans le cas du groupe L’Oréal son premier au monde, cède aux injonctions politiques de Pékin.

 

 

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