Startuper VS SDF : La cohabitation difficile à San Francisco

Repéré –  Il s’appelle Justin Keller et c’est le créateur d’une start-up américaine. Il habite depuis trois ans à San Francisco et vient d’adresser une lettre ouverte au maire de la ville, Edwin M. Lee,  pour exprimer son mécontentement. La raison? Il en a marre de voir des « SDF » et des « clochards » tous les jours. Le chef d’entreprise se plaint de la peine infligée , quotidiennement,  de voir la douleur et le désespoir des SDF sur le chemin du travail!

Rappelons que la Californie est non seulement connue pour son industrie technologique prospère dans la Silicon Valley , ses plages, ses surfeurs, ses riches mais également son camp de sans-abris et de SDF situé à San José, dans la richissime Silicon Valley. Ce camp appelé « The Jungle » est devenu le repère des oubliés de la révolution high-tech et des victimes de l’extraordinaire flambée de prix de l’immobilier dans la région. Il est même l’un des plus gros camps de SDF des Etats-Unis.

SDF silicon valley

The Jungle

La rupture entre ces deux mondes à la fois parallèles et voisins a vu le jour lorsque San Francisco est devenu, au fil des années, l’une des villes où les loyers sont les plus élevés dans tout le pays. La présence des employés gracieusement payés de la Silicon Valley y est pour quelque chose puisque cette nouvelle classe ultra-riche a tout simplement fait exploser les prix de l’immobilier. Conséquence : Plusieurs habitants ne pouvaient plus payer leurs loyers et ont dû se réfugier dans le camp ou squatter les rues.

C’est ce qui explique que de riches startuper , à l’instar de Justin Keller, côtoient la misère quotidiennement et s’en plaignent.  Et il n’est pas le seul à le faire. Cependant, ce qui le distingue de la plupart des « indignés » est le ton condescendant et méprisant adopté dans cette lettre ouverte , dont voici un extrait.

« J’écris aujourd’hui pour exprimer ma préoccupation et mon indignation face à la croissance du nombre de sans-abris et du problème de drogue auxquels est confrontée la ville . Je vis à San Francisco depuis plus de trois ans et la situation a, sans doute, empiré . Chaque jour, en allant et en rentrant du travail, je vois des gens étendus à même le trottoir, des tentes de villes , des excréments humains et des visages de dépendance. La ville est devenue un bidonville … Le pire , c’est que c’est dangereux…Je ne suis pas obligé de voir la douleur et le désespoir des sans-abris tous les jours sur le chemin du travail. Quand mes parents viennent me rendre visite, je veux qu’ils passent un bon séjour… »

C’est loin d’être la première polémique opposant les habitants de la ville aux riches entrepreneurs et employés de la Silicon Valley. En effet, d’autres mouvements ont vu le jour pour protester contre les privilèges et le mode de vie des enfants de « The Valley » et son impact sur la ville, dont des manifestations qui ont bloqué des bus conduisant des centaines d’employés de San Francisco vers leur fief ou d’autres qui dénonçaient la flambée des prix de l’immobilier.

Colère contre les luxueux Google bus, privilège des employés de la Silicon Valley à San Francisco.

Colère contre les luxueux Google bus, privilège des employés de la Silicon Valley à San Francisco.

 

Les manifestants dénoncent les augmentations de loyers dans le centre de San Francisco.

Les manifestants dénoncent les augmentations de loyers dans le centre de San Francisco.

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